Australie-Méridionale : le Parlement rejette une proposition de loi restreignant les avortements tardifs
Dans l’Etat d’Australie-Méridionale, une proposition de loi ayant pour but de restreindre les avortements tardifs – après 22 semaines et 6 jours – a été rejetée le 12 novembre. En effet, elle proposait d’autoriser l’avortement uniquement dans le but de sauver la vie de la mère ou d’un autre fœtus, ou lorsqu’il existe un « risque important d’anomalies » fœtales. Actuellement, la loi autorise les avortements jusqu’à 23 semaines lorsqu’il existe un « risque important » pour la santé physique ou mentale de la mère.
Le texte a été rejeté par la Chambre haute, par 11 voix contre 8.
Des opinions contrastées
Les avortements tardifs ne sont pas rares, affirme Sarah Game qui portait la proposition. Pour elle, « en cas d’urgence réelle, lorsque la vie d’une mère est en danger – par exemple en cas de prééclampsie, ou même dans des situations non urgentes où sa santé physique est menacée – le traitement le plus sûr et le plus efficace consiste à interrompre la grossesse en faisant naître l’enfant vivant ».
Selon Michelle Lensink, députée libérale, le texte, au contraire, aurait violé « l’un des principes fondamentaux de la prise de décision en matière de santé, à savoir le consentement éclairé du patient ». Nicole Centofanti, également députée libérale, a quant à elle voté pour la proposition de loi, déclarant qu’elle représentait « une protection raisonnable et compatissante », étant « une restriction claire des interruptions tardives de grossesse tout en maintenant la possibilité d’apporter des soins médicaux adaptés et de la compassion lorsque les circonstances l’exigent ».
Un texte précédent sur les avortements tardifs rejeté l’année dernière
Mercredi soir, avant le vote, des centaines de manifestants en faveur du texte se sont rassemblés devant le Parlement en réponse à une manifestation opposée, tenue la semaine précédente, qui avait rassemblé plusieurs dizaines de personnes.
Déplorant la mort de « bébés viables », l’année dernière, le député libéral Ben Hood avait soumis un autre texte qui proposait que les femmes enceintes de plus de 27 semaines et six jours soient incitées à accoucher d’un bébé vivant, plutôt que d’interrompre leur grossesse in utero.
La proposition avait été rejetée « de justesse » par la Chambre haute au mois d’octobre l’année dernière, après trois heures de débat.
Sources de la synthèse de presse : The Guardian (13/11/2025) ; ABC, Eva Blandis et Kathryn Bermingham (12/11/2025)