Le Canadien qui a vendu plus de 1.000 « kits de suicide » à travers le monde condamné à Toronto
Kenneth Law vient de plaider coupable d’incitation au suicide, devant un tribunal de Toronto, pour avoir causé la mort de 14 personnes en Ontario. Sa condamnation sera prononcée à une date ultérieure. Il est probable qu’une peine de 10 à 20 années de prison soit prononcée contre lui. Les victimes étaient âgées de 16 à 36 ans et certaines étaient manifestement atteintes de troubles de santé mentale (cf. « Aide médicale à mourir » : plus de 90 associations canadiennes s’opposent à l’élargissement aux troubles mentaux).
L’Ontarien de 60 ans est accusé d’avoir vendu des « kits de suicide » en ligne par le biais d’un forum qu’il gérait, et qu’il a appelé « escape mode ». L’ensemble des faits dont il est accusé a eu lieu entre janvier 2021 et avril 2023. Il a été arrêté et placé en détention en mai 2023 (cf. Suicide assisté : Un Canadien arrêté pour avoir donné des « conseils »).
1.209 « kits de suicide » vendus en ligne
Selon les informations présentées au tribunal, Kenneth Law aurait expédié un total de 1.209 colis vers 41 pays. Parmi ces envois, 330 étaient destinés à des personnes résidant au Royaume-Uni, et ont entraîné 112 décès dans ce pays ; 431 colis ont été envoyés aux Etats-Unis et 157 au Canada. La liste des pays comprend aussi la France, le Brésil, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Chine.
Kenneth Law était à la tête de quatre sites Internet à partir desquels il vendait à des personnes en détresse des masques et des sachets de nitrite de sodium, une substance légale mais qui peut être létale à partir de certaines doses. Chaque « kit » coûtait aux alentours de 50 euros et l’homme a touché un revenu total de 297.000 dollars canadiens, soit l’équivalent de 184.500 euros (cf. Ontario : 65 euthanasies pratiquées le jour de la demande en 2023, 154 le lendemain).
Des liens avec les associations pour le « droit à mourir dans la dignité » ?
Kenneth Law était-il un militant du « droit à l’aide à mourir » ? Toujours est-il qu’endetté, il a agi par appât du gain. Par ailleurs, Philip Nitschke, médecin australien fondateur d’Exit International et inventeur de « Deliverance », un ordinateur portable connecté à un pousse-seringue, et de la « capsule Sarco » (cf. Un premier suicide avec la capsule Sarco), a déclaré l’avoir rencontré. C’est lui qui aurait suggéré à Kenneth Law l’usage du nitrite de sodium comme « moyen abordable » de se suicider par empoisonnement (cf. Deux sœurs « en parfaite santé » se suicident en Suisse).
Les familles des 112 victimes britanniques n’ont pas obtenu d’extradition
Pour le seul Royaume-Uni, l’Agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA) a fait état vendredi de 112 morts causées par les « kits de suicide » vendus par Kenneth Law. Cependant, le criminel ne sera pas extradé pour faire face à la justice britannique, malgré une campagne menée par les familles des victimes.
Sources de la synthèse de presse : Radio Canada, Jean-Philippe Nadeau (29/05/2026) ; The Guardian, Matthew Weaver (29/05/2026) ; Le Devoir, Jorge Uzon et Jodie Alarcon (29/05/2026) : Sud Ouest avec AFP (29/05/2026)