Un vote définitif de l’« aide à mourir » le 15 juillet ? La pression des militants, le silence du Premier ministre

Publié le 2 juin 2026 . Mis à jour le 2 juin 2026 à 21:16.
Un vote définitif de l’« aide à mourir » le 15 juillet ? La pression des militants, le silence du Premier ministre
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Ce mardi, alors que la commission mixte paritaire (CMP) doit se tenir à 14h15 (cf. « Aide à mourir » : supprimer le délit d’entrave pour « détourner l’attention de tout le reste » ?), le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a d’ores et déjà annoncé s’engager « à faire en sorte que la loi sur la fin de vie soit adoptée définitivement à l’Assemblée nationale le 15 juillet »[1].

Si les sept députés et sept sénateurs « ne se mettaient pas d’accord, ce qui est probable, alors nous convoquerons le texte la semaine du 22 juin à l’Assemblée nationale », a précisé le ministre. « Il repartirait quelques jours pour une ultime navette, un ultime aller-retour au Sénat et on donnera le dernier mot aux députés le 15 juillet », a-t-il assuré, faisant fi au passage de la troisième lecture. Pourtant les votes en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté s’érodent au fil des examens de la proposition de loi (cf. « Peut-on parler de libre choix quand l’accès aux soins palliatifs reste inégal selon les territoires ? » : une courte majorité de députés adopte « l’aide à mourir » en 2e lecture).

Le Premier ministre, chef de l’exécutif, à qui il revient de demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement, reste, lui, silencieux.

Une préoccupation pour les militants, pas les patients

En 2024, Laurent Panifous, alors député, co-signait en 2024 la proposition de loi « relative à l’accompagnement des malades et de la fin de vie » d’Olivier Falorni. Celui qui est devenu maire de La Rochelle est membre du comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD, cf. Euthanasie : l’ADMD visée par un signalement pour fraude fiscale). La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet figurait également parmi les signataires, immédiatement derrière l’auteur du texte. « L’objectif que j’ai fixé au gouvernement c’est que cette loi soit effective avant la fin du quinquennat », a-t-elle osé déclarer sur France inter le 20 mai.

« Pas un seul patient (je dis bien : pas un seul) ne m’a parlé de ce débat depuis la première lecture à l’Assemblée nationale au printemps 2025, témoigne le Dr Claire Fourcade, médecin de soins palliatifs, dans son dernier ouvrage[2]. Personne pour me demander où en est la loi mais bien plus souvent pour s’inquiéter du départ à la retraite d’un médecin non remplacé ou de la difficulté croissante à trouver des aides à domicile… » Alors que la voix des futurs « éligibles » et des professionnels de santé est ignorée, reviendrait-il aux militants, sur un sujet aussi grave, de fixer l’agenda législatif ? (cf. « Donnez-moi le courage de vivre ! » : la lettre ouverte de Louis-Benoît Barth, atteint de la maladie de Charcot, à Emmanuel Macron)

« Résister. Nous pouvons résister. Peut-être même le devons-nous. »[3]

Complément du 02/06/2026 : La CMP a été « non-conclusive ». Après seulement 30 minutes de discussions, aucun accord n’a pu être trouvé.

[1] AFP (02/06/2026)

[2] Claire Fourcade, Fin de vie, manuel de résistance, éditions Fayard

[3] ibid