Un vote définitif de l’« aide à mourir » le 15 juillet ? La pression des militants, le silence du Premier ministre

Publié le 2 juin 2026 . Mis à jour le 3 juin 2026 à 22:38.
Un vote définitif de l’« aide à mourir » le 15 juillet ? La pression des militants, le silence du Premier ministre
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Ce mardi, alors que la commission mixte paritaire (CMP) doit se tenir à 14h15 (cf. « Aide à mourir » : supprimer le délit d’entrave pour « détourner l’attention de tout le reste » ?), le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a d’ores et déjà annoncé s’engager « à faire en sorte que la loi sur la fin de vie soit adoptée définitivement à l’Assemblée nationale le 15 juillet »[1].

Si les sept députés et sept sénateurs « ne se mettaient pas d’accord, ce qui est probable, alors nous convoquerons le texte la semaine du 22 juin à l’Assemblée nationale », a précisé le ministre. « Il repartirait quelques jours pour une ultime navette, un ultime aller-retour au Sénat et on donnera le dernier mot aux députés le 15 juillet », a-t-il assuré, faisant fi au passage de la troisième lecture. Pourtant les votes en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté s’érodent au fil des examens de la proposition de loi (cf. « Peut-on parler de libre choix quand l’accès aux soins palliatifs reste inégal selon les territoires ? » : une courte majorité de députés adopte « l’aide à mourir » en 2e lecture).

Le Premier ministre, chef de l’exécutif, à qui il revient de demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement, reste, lui, silencieux.

Une préoccupation pour les militants, pas les patients

En 2024, Laurent Panifous, alors député, co-signait en 2024 la proposition de loi « relative à l’accompagnement des malades et de la fin de vie » d’Olivier Falorni. Celui qui est devenu maire de La Rochelle est membre du comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet figurait également parmi les signataires, immédiatement derrière l’auteur du texte. « L’objectif que j’ai fixé au gouvernement c’est que cette loi soit effective avant la fin du quinquennat », a-t-elle osé déclarer sur France inter le 20 mai.

« Pas un seul patient (je dis bien : pas un seul) ne m’a parlé de ce débat depuis la première lecture à l’Assemblée nationale au printemps 2025, témoigne le Dr Claire Fourcade, médecin de soins palliatifs, dans son dernier ouvrage[2]. Personne pour me demander où en est la loi mais bien plus souvent pour s’inquiéter du départ à la retraite d’un médecin non remplacé ou de la difficulté croissante à trouver des aides à domicile… » Alors que la voix des futurs « éligibles » et des professionnels de santé est ignorée, reviendrait-il aux militants, sur un sujet aussi grave, de fixer l’agenda législatif ? (cf. « Donnez-moi le courage de vivre ! » : la lettre ouverte de Louis-Benoît Barth, atteint de la maladie de Charcot, à Emmanuel Macron)

« Résister. Nous pouvons résister. Peut-être même le devons-nous. »[3]

Complément du 02/06/2026 : La CMP a été « non-conclusive ». Après seulement 30 minutes de discussions, aucun accord n’a pu être trouvé.

[1] AFP (02/06/2026)

[2] Claire Fourcade, Fin de vie, manuel de résistance, éditions Fayard

[3] ibid