Canada : euthanasié à 26 ans car diabétique et dépressif
Une résidente de l’Ontario réclame un « moratoire » sur l’« aide médicale à mourir » pour les personnes qui ne sont pas en phase terminale, après que son fils de 26 ans atteint de troubles mentaux s’est rendu à Vancouver pour mettre fin à ses jours.
Kiano Vafaeian avait essuyé un refus suite à sa demande d’euthanasie formulée dans sa province d’origine, l’Ontario. Il s’est alors tourné vers la Colombie britannique où il a trouvé deux praticiens pour approuver la procédure.
« Les gens traversent des moments très difficiles, et il leur faut du temps pour s’en sortir »
Le jeune homme « luttait depuis longtemps contre la toxicomanie et la dépression associée à son diabète de type 1 et sa cécité d’un œil », explique sa mère, Margaret Marsilla. « Les gens traversent des moments très difficiles, et il leur faut du temps pour s’en sortir », souligne-t-elle. « Pendant cette période difficile, ils peuvent passer par le processus de demande [d’aide médicale à mourir]. »
Au printemps dernier, un comité des Nations Unies a examiné le traitement réservé aux personnes handicapées au Canada et a appelé Ottawa à mettre fin à l’« aide médicale à mourir » pour toute personne ne souffrant pas d’une maladie en phase terminale (cf. Canada : l’ONU appelle à interdire l’euthanasie des personnes handicapées).
Approuver une euthanasie sans suivre le patient ?
Trudo Lemmens, professeur à l’université de Toronto affirme que le décès de Kiano Vafaeian soulève de « sérieuses questions » sur la possibilité d’euthanasier des patients qui ne sont pas en phase terminale. Il pointe notamment la question de savoir si les médecins qui ne sont pas le médecin traitant du patient peuvent approuver la procédure « lorsque la personne est clairement confrontée à des problèmes de santé mentale pour lesquels elle ne reçoit peut-être pas de traitement adéquat ».
Sources de la synthèse de presse : The Globe and Mail, Mike Hager (30/01/2026) ; National Post, Sharon Kirkey (30/01/2026)