Clonage : des scientifiques identifient une limite avant un « effondrement mutationnel »

Publié le 25 mars 2026
Clonage : des scientifiques identifient une limite avant un « effondrement mutationnel »
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Des scientifiques japonais ont découvert qu’il existe une limite au nombre de fois où un mammifère peut être cloné avant de subir un « effondrement mutationnel »[1]. Ils sont parvenus à cette conclusion après avoir produit 1200 clones en deux décennies à partir d’une seule souris.

En effet, la 58e génération de souris n’a pas survécu. Ce qui établit, « pour la première fois », que les mammifères ne peuvent pas être clonés un nombre infini de fois. Les chercheurs ont publié leurs travaux dans la revue Nature communications[2].

« Nous pensions pouvoir créer un nombre infini de clones »

Les scientifiques espéraient que cette méthode, qui consiste à « créer des clones à partir d’autres clones », puisse « avoir de nombreuses applications à l’avenir », « notamment pour sauver des espèces menacées » ou « produire en masse des animaux destinés à la consommation ».

« Nous pensions pouvoir créer un nombre infini de clones. C’est pourquoi ces résultats sont si décevants », commente Teruhiko Wakayama, chercheur à l’université de Yamanashi et auteur de l’étude. C’est son équipe qui avait cloné la première souris en 1997, un an après que la brebis Dolly est devenue le tout premier mammifère cloné.

L’accumulation de mutations « délétères »

Les souris ont été clonées à partir d’une souris femelle, en 2005. A l’âge de trois mois, elles étaient à nouveau clonées. Les scientifiques ont ainsi pu obtenir entre 3 et 4 « nouvelles générations » chaque année. Au total ils ont mené « plus de 30 000 tentatives de clonage » qui ont abouti à la naissance de « plus de 1 200 souris » en 20 ans.

Au début, le taux de réussite de la méthode qui consiste à implanter le noyau d’une cellule d’un animal « donneur » dans un ovule énucléé « n’a cessé d’augmenter », atteignant plus de 15%. Mais, à partir de la 25e génération environ, des mutations génétiques « délétères » se sont accumulées au fil des générations, chaque nouvelle génération ayant moins de chances de survivre.

A la 57e génération, seules 0,6% des souris avaient survécu. Et alors que ces souris étaient « encore en bonne santé » malgré l’accumulation des mutations, à la génération suivante, toutes les souris sont mortes peu après leur naissance. « Les petits ne présentaient aucune anomalie visible, et la cause du décès est inconnue », précise Teruhiko Wakayama.

La reproduction sexuée « indispensable » à la survie à long terme des mammifères

Après avoir séquencé les génomes de différents animaux, les chercheurs ont constaté qu’ils comportaient « trois fois plus de mutations » que chez des souris nées par reproduction sexuée. Certains avaient en outre perdu une copie de leur chromosome X.

« On croyait autrefois que les clones étaient identiques à l’original », relève Teruhiko Wakayama, ce qui s’est avéré être erroné. Le scientifique reconnait n’avoir « aucune idée » de comment surmonter ce problème.

Les chercheurs ont par ailleurs observé que la progéniture obtenue par reproduction sexuée à partir de clones et de souris mâles, présentait de moins nombreuses mutations. Ce qui démontre, selon l’étude, que « la reproduction sexuée est indispensable à la survie à long terme des espèces mammifères ».

[1] « mutational meltdown »

[2] Teruhiko Wakayama, Limitations of serial cloning in mammals, Nature Communications (2026). DOI: 10.1038/s41467-026-69765-7.

Source de la synthèse de presse : Phys.org, Daniel Lawler (24/03/2026)