Congélation des ovocytes : une maternité « reportée » sine die ?
Aux Etats-Unis, une étude[1] a montré que la congélation des ovocytes a quasiment quadruplé entre 2014 et 2021. Pourtant, moins de 6% des femmes utilisent in fine les gamètes qu’elles ont conservés.
Les chercheurs ont analysé les données de la base de données SART-CORS qui rassemble les informations relatives à 90% des cliniques de fertilité du pays.
Ainsi, de 4 153 en 2014, le nombre de femmes ayant congelé leurs ovocytes a atteint 16 436 en 2021. Seules 5,7% d’entre elles ont ensuite eu recours à leurs gamètes 5 à 7 ans plus tard[2]. Selon ses auteurs, cette étude la plus grande étude américaine sur le sujet.
Une tendance similaire au Royaume-Uni
Pour ces femmes il s’agirait de « reporter leur maternité afin de poursuivre des études, une carrière ou des objectifs personnels ». Leur âge moyen est passé de 36 à 34,9 ans sur la période étudiée. Les femmes utilisant leurs ovocytes avaient, elles, entre 38 et 42 ans, et ont obtenu des taux de naissances similaires à ceux des procédures mettant en œuvre de ovocytes « frais ».
Au Royaume-Uni, une tendance similaire est observée : le nombre de cycles de congélation d’ovocytes a plus que doublé depuis 2019. Le nombre de patientes les utilisant, lui, « reste bas ».
[1] Mabel B. Lee et al, Elective fertility preservation: a national database study on trends in oocyte cryopreservation and oocyte utilization over a 5- to 7-year follow-up period, American Journal of Obstetrics and Gynecology (2025). DOI: 10.1016/j.ajog.2025.08.032
[2] Les auteurs considèrent qu’il serait utile d’étudier une période plus longue afin d’examiner si le taux d’utilisation des ovocytes est plus élevé.
Sources de la synthèse de presse : BioNews, Isobel Green (29/09/2025) ; Medical Xpress, University of California, Los Angeles (26/09/2025)