« Faites des parents » : l’ABM fait aussi sa rentrée
Le 1er septembre, l’Agence de la biomédecine (ABM) a lancé une nouvelle campagne de communication, toujours sur le thème « Faites des parents » (cf. L’ABM en campagne pour le don de gamètes). En parallèle, une « grande tournée nationale en bus »[1] traversera 10 villes de France.
Les moyens sont là et le ton toujours aussi léger : « Parce que faire un don de gamètes, ce n’est pas faire un enfant, c’est faire des parents ». Et les jeunes restent au cœur de la cible (cf. Don de gamètes : l’ABM recrute à la sortie des facs) : « Continuez à profiter de TOUS vos vendredis soirs », « Continuez à être le MEILLEUR aux jeux vidéo », « Continuez de profiter de TOUTES vos grasses mat’ »[2]. Le don de gamètes ne change peut-être[3] pas la vie du donneur aujourd’hui, mais plus tard ? (cf. ; « L’AMP avec tiers donneur n’est pas quelque chose d’anodin » ni pour les receveurs, ni pour le donneur ; Accès aux origines : 767 demandes « recevables », 83 satisfaites)
« Elle ne voulait pas d’enfants tout de suite, mais savait déjà qu’elle voulait aider ! »
Sur le compte instagram @jedonnemesovocytes, Charlotte, 23 ans, témoigne avoir voulu « donner un sens à [s]es ovulations ». « Elle ne voulait pas d’enfants tout de suite, mais savait déjà qu’elle voulait aider ! »
« Dès lors que le don de sperme serait désormais possible dès 18 ans, à un âge où la perspective de devenir parent n’est pas dans un horizon qui importe à la vie psychique, le comble de la dénaturation de sens serait atteint », dénonce le pédopsychiatre et psychanalyste Christian Flavigny (cf. « Les jeunes », faux héros et vraies proies de notre époque).
« Il ne resterait plus qu’à proposer un peu d’argent de poche pour que soit clarifié un rapport marchand – celui qui aux Etats-Unis, fait des jeunes femmes financer leurs études par un don d’ovocyte. » (cf. Etats-Unis : elle vend ses ovocytes pour rembourser son prêt ; Dons de gamètes : aux Etats-Unis des influenceurs vantent leur « passe-temps » lucratif)
Une proposition qui sera faite, sans aucun doute, à l’occasion de la prochaine révision de la loi de bioéthique (cf. L’auto-conservation des ovocytes bientôt ouverte aux centres privés)
[1] Communiqué de presse de l’ABM
[2] Vidéos accessibles également à partir du site https://www.dondespermatozoides.fr/faites-des-parents/
[3] Le don d’ovocyte est toutefois loin d’être anodin sur le plan médical (cf. Don d’ovocyte : « Personne ne peut être certain qu’il n’y aura pas de complication » ; Donneurs de gamètes : une information partielle pour ne pas décourager les dons ?)