L’auto-conservation des ovocytes bientôt ouverte aux centres privés
Catherine Vautrin, la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles de France, a annoncé à l’occasion d’un entretien pour le magazine Femme actuelle [1], l’ouverture de trente nouveaux centres de conservation ovocytaire d’ici 2027, en plus des 40 qui l’étaient déjà.
Des centres qui pourront être privés lucratifs « en cas d’insuffisance sur un territoire », avance la ministre qui anticipe la possibilité de « dérogations ». « C’est ce que prévoit le cadre défini par la loi de bioéthique de 2021 », argumente-t-elle. « La question de l’augmentation de la demande justifie selon moi de revoir ce sujet à l’occasion des travaux de révision de la loi bioéthique en 2026 » (cf. Etats généraux de la bioéthique en 2026 : le CCNE retient 10 thèmes).
L’ouverture au marché de la procréation
La mesure avait en effet été évoquée lors des débats de la loi de bioéthique de 2021 (cf. Conservation de gamètes par les établissements privés : les industriels de la procréation gagnent un round contre l’avis du gouvernement). La ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, s’y était opposée expliquant que « le gouvernement ne souhaite pas inciter les femmes de façon massive ». Les députés Pierre Dharréville (Gauche démocrate et républicaine), Xavier Breton et Patrick Hetzel (LR) avaient également appelé à « refuser ce marché de la procréation », rappelant les « intérêts économiques et financiers très présents » (cf. Dons de gamètes : aux Etats-Unis des influenceurs vantent leur « passe-temps » lucratif).
Après l’ouverture aux centres privés de l’autoconservation des ovocytes, quelles seront les prochaines étapes ? L’ouverture du don de gamètes au secteur privé ? Et si les stocks s’avèrent insuffisants, l’« indemnisation » des donneurs ? L’ouverture aux banques privées étrangères ? (cf. Banques de sperme : Comme le Danemark, la Norvège se met à l’export) A moins que des « dérogations » soient d’ores et déjà envisagées là aussi ? [2] Du côté européen, les règles sont prêtes à entrer en vigueur (cf. Règlement SoHO : l’Union européenne encourage discrètement un marché de l’embryon).
[1] Femme actuelle, « Un centre de conservation ovocytaire pour chaque femme, à moins d’une heure » : Catherine Vautrin nous présente ses mesures de soutien à la parentalité, Béatrice Lorant et Amelie Palmas (12/06/2025)
[2] L’Agence de la biomédecine a en effet une page internet prévue à cet effet.
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