Fin de vie : à qui profite le crime ?

Publié le 17 avril 2025
Fin de vie : à qui profite le crime ?

A l’heure de l’examen de la proposition de loi relative à la fin de vie par la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, le Dr Béatrix Paillot, gériatre, interroge les véritables motivations de cette priorité législative.

Si nous sommes un tant soit peu honnête(s), nous devons nous poser cette question.

Lorsque M. Retailleau, ministre de l’Intérieur, souligne que dans la législation envisagée sur le suicide médicalement assisté ou l’euthanasie, des intérêts économiques sont en jeu, nous devons très sérieusement prendre cela en considération (cf. Fin de vie : l’angle mort des questions économiques et sociales).

Déjà en 2012, une proposition de loi sur le suicide médicalement assisté a été discutée au Parlement de Grande Bretagne. Il était envisagé de mettre un produit létal à portée de la main des personnes arrivant vers la dernière année de leur vie au motif que c’est au cours de la dernière année de vie que les citoyens coûtent le plus cher à la sécurité sociale. Présenté ainsi, pour un motif économique, la loi n’est pas passée…

Mais depuis, en France, les pouvoirs publics n’ont eu de cesse de faire advenir une loi similaire pour le même motif inavoué et inavouable. Monsieur Retailleau, interrogé sur LCI le 13 avril dernier, l’a clairement pointé du doigt en soulignant que, lors de la dernière année de vie, les coûts de santé dépassent les 35 000 euros par personne et qu’il craignait de gros dérapages, pour des motifs économiques, si une telle législation passait (cf. Euthanasie : la question économique que personne ne soulève).

Il est vrai qu’une telle loi est tentante pour les pouvoirs publics et pourrait résoudre bien des questions : le paiement des retraites qu’on ne sait pas comment payer, le trou abyssal de la sécurité sociale, le manque de médecins et de paramédicaux, les dysfonctionnements hospitaliers, le déficit en logements…

Non, osons le dire, ce n’est pas l’intérêt réel des personnes en fin de vie qui est ici recherché, mais c’est la résolution de questions économiques complexes qui pourraient pourtant trouver d’autres solutions, réelles et bonnes pour tous, si on avait le courage d’y travailler avec détermination, dans le respect intangible de la vie des personnes et la promotion de liens intergénérationnels de qualité.