Groenland : une femme sur deux victime de contraception forcée
Le 9 septembre, une enquête des gouvernements danois et groenlandais a révélé qu’« entre la fin des années 1960 et 1992, sur quelque 9 000 femmes en âge d’avoir des enfants, plus de 4 500 jeunes Inuites ont subi sans leur consentement ou, pour les mineures, celui de leurs parents, la pose d’un stérilet décidée par les autorités danoises ». Les résultats de cette enquête initiée en 2023 interviennent quelques jours après les excuses officielles de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen (cf. Contraception forcée : 67 Groenlandaises poursuivent le Danemark).
Une « colonisation » de leurs corps
Au total 354 femmes ont témoigné. Parmi elles, 94 avaient 14 ans ou moins au moment de la première pose d’un stérilet. Et 120 entre 15 et 17 ans. De nombreuses femmes sont devenues stériles en conséquence de l’intervention subie. Et la plupart souffre de séquelles physiques ou psychologiques.
Naja Lyberth est la première femme qui a témoigné. Elle avait 13 ou 14 ans quand on lui a posé un stérilet, comme aux autres filles de sa classe. « C’était très très violent », se remémore-t-elle. « C’était comme de la torture, comme un viol. » Avec Naja, de nombreuses femmes ont dénoncé une « colonisation » de leurs corps.
Une autre enquête, concernant les implications juridiques de cette campagne, est encore en cours.
Complément du 22/09/2025 : Le chef du gouvernement danois, Mette Frederiksen, a annoncé ce lundi la création d’un « fonds de réconciliation », pour indemniser les femmes victimes de contraception forcée au Groenland.
Le « fonds de réconciliation », dont la dotation n’a pas été précisée, pourra également servir à dédommager d’autres Groenlandais discriminés en raison de leur origine, par exemple ceux ayant fait l’objet d’une « adoption sans consentement ».
Complément du 11/12/2025 : Le 10 décembre, le gouvernement danois a annoncé que les victimes pourraient demander une indemnisation s’élevant 40.000 euros. Pour l’obtenir, elles devront « être en mesure de fournir un « récit vraisemblable » » et « attester sur l’honneur avoir reçu une contraception à leur insu ou sans leur consentement ». Le dispositif doit entrer en vigueur le 1er juin 2026.
Sources de la synthèse de presse : Elle, Annabelle Valentin avec AFP (10/09/2025) ; What’s up doc avec AFP (10/09/2025) ; AFP (22/09/2025) ; AFP (10/12/2025)