L’anonymat du don de gamètes toujours en question

Publié le 24 septembre 2017
L’anonymat du don de gamètes toujours en question

Ce 23 septembre, l’association PMAnonyme organisait une table ronde sur le thème « sortir du secret ». L’objectif des jeunes adultes de cette association : lever l’anonymat du don de gamètes. Ils estiment qu’avant de penser à élargir l’accès à la PMA, cette question est prioritaire : « Ce serait un non-sens d’aller plus loin dans les mêmes conditions, de créer d’autres enfants privés d’une partie de leur histoire ».

 

Un « soulagement », une « libération ». Pour ces jeunes issus d’un don de gamètes, la révélation du mode de leur conception vient lever un doute inscrit en eux : « J’avais des troubles de l’identité et du comportement alimentaire », témoigne une jeune fille. Mais le « secret d’Etat » demeure sur leurs origines biologiques : « Je suis né d’une personne, pas d’un matériau de reproduction. Ne pas savoir, c’est une machine à fantasmes. J’ai besoin de savoir pour mieux me connaitre. Je voudrais une image, comprendre ses motivations », témoigne l’un d’eux. Savoir que l’identité de leur donneur est « consignée dans un dossier qui reste hors d’atteinte » est une idée qui les « taraude ».

 

Jusqu’à présent, leur demande a toujours été rejetée « au nom de la protection des parents et des donneurs, et de la crainte d’une chute des dons ». Mais au-delà du besoin de connaitre leurs origines pour se construire, ces enfants « ne connaissent pas les antécédents médicaux du donneur ». La « menace de consanguinité » est également bien réelle, d’autant que l’ « on ignore combien connaissent leur mode de conception ». Depuis les années 70, « près de 70 000 enfants seraient nés de cette façon ».

Le Monde, Gaëlle Dupont (25/09/2017)