Le « lait humain », aussi bon que le lait maternel ?
Selon le directeur médical de l’University Hospitals Sussex NHS Foundation Trust, « il existe des preuves claires et sans équivoque que le lait humain est un aliment idéal pour les nourrissons », faisant ainsi référence à la fois au lait maternel et à la « lactation induite »[1] chez des femmes transgenres [2]. Cette déclaration a été faite dans une lettre envoyée au nom du directeur général en réponse à la plainte d’un groupe militant concernant les politiques de l’établissement en matière d’égalité des sexes. Il y défend également le terme de « lait humain » « censé être neutre » et qui « n’est pas sexiste ».
Des études scientifiques ?
Pour étayer son propos, le directeur affirme que « les preuves disponibles démontrent que le lait [des femmes transgenres] est comparable à celui produit après la naissance d’un bébé [chez des femmes biologiques] », mentionnant une étude scientifique de cinq mois réalisée en 2022. Cette recherche a mesuré « les concentrations de testostérone dans le lait des nourrissons » et n’a identifié « aucun effet secondaire observable chez les bébés » nourris par des femmes transgenres.
Au contraire, des experts déplorent que le manque d’études empêche de tirer des conclusions sur d’éventuels effets secondaires de la lactation induite. « Il y a eu très peu de publications et la grande majorité d’entre elles n’ont pas examiné ce qui se trouve dans le lait lui-même. »
Des nourrissons « cobayes » ?
« Les bébés ne peuvent pas servir de cobayes pour le choix de vie de quelqu’un », dénonce la députée travailliste Rosie Duffield. En outre, elle estime que « l’utilisation par le NHS Trust du terme « lait humain » pour désigner le lait des mères et des femmes transgenres risque d’effacer les femmes ».
Le University Hospitals Sussex Trust est membre du programme « Diversity Champions » de Stonewall. Il a admis que sa politique découlait des conseils d’« organisations externes », mais a refusé de préciser lesquelles (cf. Des militants trans dans un groupe de travail de la HAS ?).
[1] Obtenue par un traitement susceptible de « provoquer des problèmes cardiaques ». Le résultat produit « très peu de lait », « à peine assez pour une tétée par jour » (cf. Allaitement transgenre : quid d’un lait aux hormones ?)
[2] Des personnes nées hommes et ayant effectué une transition
Sources : Daily mail, Anna Mikhailova (17/02/2024) ; TVA nouvelles (18/02/2024)