Le Mississippi adopte une loi pénalisant la distribution de pilules abortives
Les personnes qui distribuent, ou ont l’intention de distribuer, des produits abortifs dans le Mississippi pourront faire l’objet de poursuites pénales et encourir jusqu’à 10 ans de prison en cas de condamnation, en vertu d’un texte transmis au gouverneur de l’Etat, Tate Reeves.
Les législateurs ont en effet prévu ces dispositions dans le projet de loi relatif au trafic de drogue qui a été adopté le 31 mars par la Chambre des représentants par 76 voix contre 38 et par le Sénat par 37 voix contre 15. « L’objectif est d’empêcher les médecins d’autres Etats de contourner notre loi actuelle », explique la députée Celeste Hurst qui a introduit cet amendement.
Pour Mary Ziegler, « experte en droit de l’avortement » et professeur à la faculté de droit de l’Université de Californie à Davis, « le Mississippi n’a pratiquement aucun moyen de poursuivre les prestataires qui expédient des pilules abortives depuis d’autres Etats ». « Les lois de protection en vigueur dans les Etats où l’avortement est légal protègent les prestataires, les patientes et les personnes qui les assistent contre les enquêtes, les poursuites judiciaires et les poursuites pénales menées depuis d’autres Etats », affirme-t-elle.
Les urgentistes contraints de pratiquer des IVG dans le Maryland
Au contraire du Mississippi, l’Assemblée du Maryland a adopté une loi obligeant les hôpitaux à fournir « des soins d’avortement d’urgence » lorsque cela est « nécessaire ». Le texte a été voté le 2 avril, par 96 voix contre 37, après le vote du Sénat intervenu en février. En mars 2025, l’administration Trump avait supprimé l’obligation pour les urgentistes de pratiquer des avortements (cf. Avortement dans les services d’urgence : l’administration Trump annule les directives précédentes). Jeffrey Trinbath, le président du Maryland Family Institute souligne que la notion de « problème médical grave » telle que définie dans le projet de loi est « plus sujette à interprétation que la simple protection de la vie d’une femme enceinte ».
En 2024, le Maryland a inscrit « le droit à l’avortement et d’autres libertés en matière de reproduction » dans la Constitution de l’Etat (cf. Avortement : les électeurs américains se sont prononcés).
Sources de la synthèse de presse : AP news, Sophia Paffenroth (02/04/2026) ; The Baltimore Sun, Katharine Wilson (02/04/2026)