Le Pérou rouvre le dossier des stérilisations forcées

Publié le 8 mars 2021
Le Pérou rouvre le dossier des stérilisations forcées

Entre 1996 et 2001, 272 028 personnes ont été stérilisées alors qu’Alberto Fujimori était au pouvoir. La majorité d’entre elles sont des « femmes indigènes issues de zones rurales pauvres ». Aujourd’hui, des milliers de femmes demandent justice pour les « procédures de stérilisation forcée » qu’elles ont subies. Des audiences publiques ont lieu depuis le début de l’année. Après avoir été suspendues en raison du manque de traducteurs, elles ont repris le 1er mars.

L’accusation a présenté les témoignages de victimes et « des preuves accablantes selon lesquelles Fujimori et ses ministres de la santé avaient fixé un quota annuel de stérilisation ». Ainsi, « en 1997, le gouvernement de Fujimori avait pour objectif de stériliser 150 000 personnes, selon le procureur, indépendamment de leur état de santé ou de leur consentement ».

Ces stérilisations étaient présentées comme « des méthodes de « planification familiale » », visant à « donner aux femmes « les outils nécessaires [pour qu’elles] prennent des décisions concernant leur vie » » (cf. Pérou : stérilisations forcées pour une politique de planification familiale). En 2004, des procureurs avaient ouvert une enquête contre Alberto Fujimori à ce sujet. Une affaire classée, la justice estimant à l’époque que cela ne relevait ni du génocide ni de la torture. « Les crimes ne pouvaient pas être poursuivis dans le cadre du code pénal péruvien existant. ». La création d’une base de données, appelée « Quipu », recensant les victimes de stérilisations a permis de rouvrir le dossier. « Sans enquêtes judiciaires, il n’y a pas de vérité, et sans vérité, il n’y aura pas de justice » ont déclaré les filles de deux femmes mortes « de complications médicales liées à la stérilisation forcée ».

Source : BioEdge, Nusta Carranza Ko (06/03/2021)