Lettre ouverte aux députés : Fin de vie : « Voulons-nous ajouter de la violence à la violence ? »

Publié le 21 février 2026
Lettre ouverte aux députés : Fin de vie : « Voulons-nous ajouter de la violence à la violence ? »
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Le professeur Xavier Ducrocq, neurologue, interpelle les députés alors qu’ils débattent sur la proposition de loi relative à l’« aide à mourir » : qui peut nier la violence inouïe d’une mort provoquée, assénée ? interroge le professeur.

Monsieur le Premier ministre, Madame, Monsieur le Député,

Voulons-nous ajouter de la violence à la violence ? Voulons-nous ajouter des drames aux drames ? Est-il tolérable également que cette violence puisse recevoir la moindre caution politique et citoyenne ?

De la confiance, la relation entre soignant et soigné est passée, le temps d’une carrière de médecin, à la méfiance et, de plus en plus, à la défiance. Or il n’existe pas de Médecine sans confiance. Qu’en sera-t-il lorsque la main qui soigne pourra devenir la main qui tue ?

Il est de votre responsabilité – et dans votre pouvoir -, de celle du gouvernement et de celle du législateur de mettre fin à cette spirale et d’apaiser les tensions qui ne cessent de s’accroître.

Or, le projet de loi sur « un droit à une aide à mourir » ne peut qu’alimenter cette violence. Car, comme l’a avoué lui-même le Président Macron, « parler d’euthanasie et de suicide assisté, c’est trop violent ». Ce ne sont pas les mots qui sont violents, c’est la réalité du geste qui provoque délibérément la mort. Ne pas donner un nom à cette réalité, essayer de la masquer derrière de piètres euphémismes, « c’est ajouter au malheur du monde ».

Qui peut nier la violence indicible d’un suicide ? Qui peut nier la violence inouïe d’une mort provoquée, assénée ? Violence pour ceux, les plus vulnérables, qui se sentiront obligés de demander la mort « au nom de la loi ». Violence pour les proches qui la subiront. Violence pour ceux que l’on va charger de cette besogne, les soignants, en parjure de leur serment professionnel, de leur déontologie, de l’âme de leur vocation.
Pensez-vous qu’une loi puisse apaiser les consciences, quand il s’agit de transgresser l’un des interdits fondateurs de toute société humaine, vraiment humaine ?

Alors, voulons-nous ajouter de la violence à la violence ? Ça n’est certainement pas l’attente de la majorité des Français.
Dès lors, mettez un terme à la discussion de ce funeste projet de loi. Activez au contraire tout ce qui peut contribuer à un meilleur accès aux soins de santé, notamment aux soins palliatifs, aux consultations de la douleur.

Nous comptons sur vous et vous assurons, Monsieur le Premier ministre, Madame, Monsieur le Député, de notre citoyen respect.

Professeur Xavier Ducrocq, Neurologue