Lire le serment d’Hippocrate aujourd’hui – Laëtitia Marcucci et Renaud Bouvet

Publié le 15 avril 2026
Lire le serment d’Hippocrate aujourd’hui – Laëtitia Marcucci et Renaud Bouvet
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© iStock - blackboard1965

« Tout autant qu’à son approche inédite et rationnelle des maladies, c’est à son humanisme qu’Hippocrate doit sa célébrité. Non moins qu’à la maladie, il s’est intéressé aux malades. »

L’héritage du médecin a survécu aux siècles : le serment qu’il a légué, « texte à dire, tire sa force des pouvoirs de la parole, fondatrice de l’existence subjective, et de la promesse, engagement moral et éthique d’un individu face à des tiers. »

Pour tout médecin, « soigner consiste à assumer une responsabilité qui dépasse la simple compétence technique » et la persistance de la prononciation du serment d’Hippocrate en est le signe : il « témoigne sans doute d’un besoin profond d’ancrages symboliques et de repères pour s’orienter dans la pensée et dans l’action ». « En prononçant son serment, l’étudiant en médecine devient médecin. La promesse le constitue comme médecin : professionnellement, socialement et moralement », analyse le philosophe Patrice Poingt.

Pourtant le serment d’Hippocrate n’est pas resté immuable, victime notamment des « évolutions législatives ». Ainsi « l’engagement à respecter « la vie humaine dès la conception » n’est plus mentionné, sans doute en raison de l’adoption en 1975 de la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse ». Les principes devraient-ils s’ajuster à l’époque ?

Dans un ouvrage dense et très riche, Laëtitia Marcucci et Renaud Bouvet croisent les approches philosophiques, historiques, juridiques et éthiques pour finalement faire « ressortir la matrice hippocratique de la médecine » et souligner « l’inséparabilité de l’éthique et de la clinique » comme le pointe Pierre Le Coz, professeur de philosophie à Aix-Marseille Université, dans la préface.

Les auteurs interpellent : « Les risques de dérives technicistes dans le champ des sciences de la vie et de la santé rendent plus que jamais nécessaire prudence et esprit critique ». Dès lors, on ne peut que s’associer à Pierre Le Coz qui espère : « Puisse cet ouvrage nourrir durablement la réflexion de ceux qui font, enseignent ou pensent la médecine. Puisse-t-il aussi raviver, en eux, le sens d’une promesse faite au nom de l’humanité. »

Editeur : LEH Edition

Date de publication : 04/02/26

Nombre de pages : 148