PMA : moins de cycles en Europe et un taux de grossesse stable mais un nouveau risque identifié

Publié le 6 juillet 2025
PMA : moins de cycles en Europe et un taux de grossesse stable mais un nouveau risque identifié
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D’après les données préliminaires du European IVF Monitoring (EIM) Consortium[1] présentées lors de la 41e réunion annuelle de la European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE)[2], un nombre moins important de cycles de fécondation in vitro (FIV) et d’insémination intra-utérine (IUI) ont été effectués en Europe en 2022. Le taux de grossesse issu de FIV ou d’injections intracytoplasmiques de spermatozoïdes (ICSI) est en revanche resté stable.

15,6 % de cycles de PMA en moins

En 2022, 960 347 cycles de PMA ont été effectués par 1 371 cliniques présentes dans 39 pays d’Europe, ce qui représente une diminution de 15,6 % par rapport aux 1 137 177 cycles de 2021, tout en restant élevé. Parmi ceux-ci, 137 148 ont été réalisés par FIV, 317 415 par ICSI, 365 905 par transferts d’embryons congelés (TEC), 92 677 suite à des tests génétiques préimplantatoires et 41 138 ont eu recours à un don d’ovocytes.

30 758 interventions ont en outre été effectuées, dans 14 pays européens, afin de « préserver la fertilité » (congélation d’ovocytes, de tissus ovariens, de sperme et de tissus testiculaires notamment). 126 185 cycles d’IUI ont par ailleurs utilisé le sperme du partenaire et 42 532 celui d’un donneur.

Hausse du transfert d’embryon unique

Les taux de grossesse par FIV et ICSI sont, globalement, restés stables entre 2021 et 2022. Concernant la FIV, le taux par transfert était de 33,5 % en 2021, et de 32,7 % l’année suivante. Pour l’ICSI, les taux de grossesse par transfert étaient également de 33,5 % en 2021 contre 32,5 % en 2022. Enfin, les taux de grossesse par TEC étaient de 37 % en 2021, et 36,6 % en 2022.

Les transferts d’un embryon unique sont par ailleurs à nouveau en hausse. Ils sont passé de 60,5 % en 2021 à 62,6 % en 2022. Les taux de naissance d’enfants « uniques » ont ainsi également connu une croissance, passant de 90,4 % à 91,5 %, alors que les accouchements de jumeaux ont dans le même temps diminué pour passer de 9,5 % en 2021 à 8,4 % en 2022. Les accouchements de triplés sont en revanche restés stables (0,1 % des accouchements).

Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence, les méthodes de collecte des données et les niveaux d’exhaustivité de celles-ci variant selon les pays.

De nouveaux risques mis à jour

Toujours lors du congrès qui s’est tenu à Paris, les résultats d’un essai randomisé ont indiqué que le transfert d’embryon congelé « avec préparation endométriale en cycle artificiel »[3] est associé à un risque plus élevé de perte de grossesse que le transfert en cycle « totalement naturel ».

Une « large étude américaine » a de son côté fait état du fait que la fécondation in vitro est associée à un risque « plus que doublé » d’un syndrome de VACTERL[4], associant des anomalies congénitales multiples rares chez les bébés.

 

[1] Le rapport ESHRE EIM est la plus importante collecte de données sur la procréation médicalement assistée en Europe. En 2022, les données collectées ont été fournies par les registres nationaux, les cliniques et les sociétés professionnelles de 39 pays européens.

[2] Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie

[3] La patiente se voit administrer des œstrogènes « pour obtenir l’épaisseur appropriée ».

[4] Anomalies congénitales multiples rares caractérisées par la présence d’au moins trois des malformations suivantes : anomalies vertébrales, atrésie anale, malformations cardiaques, fistule trachéo-oesophagienne, malformations rénales et anomalies des membres. (Source : Orpha.net)

Sources : Medical Xpress, Sadie Harley (01/07/2025) ; APM news (01/07/2025) ; APM news (04/07/2025)