Pris en charge par télémédecine en soins intensifs, sa famille porte plainte après son décès
Conor Hylton, un étudiant de 26 ans à l’université du Connecticut est décédé au Bridgeport Hospital Milford Campus en août 2024. Il avait été transféré en soins intensifs après son admission, sans que sa famille ne soit avertie que le praticien en charge intervenait à distance, par télémédecine. Ses proches ont décidé de porter plainte (cf. Télémédecine : un bénéfice pour l’environnement, mais pour le patient ?).
Un service sans spécialiste sur place
Le 14 août 2024, Conor Hilton se rend aux urgences pour des « douleurs abdominales intenses ». Il s’adresse à l’hôpital le plus proche de son domicile où il est admis avec un diagnostic comprenant une déshydratation, un sevrage alcoolique et une pancréatite. Mais sa tension artérielle chute, son rythme cardiaque accélère et il devient de plus en plus agité. Conor est alors transféré en soins intensifs à 00h38.
Or cette nuit-là aucun spécialiste n’est présent sur place dans le service : l’hôpital a eu recours à un service de télémédecine. Vers 4h30 Conor perd conscience. Il est intubé mais fait un arrêt cardiaque. Le personnel ne parvient pas à le ranimer. C’est un « prestataire de télésanté » qui prononce son décès via un écran vidéo, affirme la plainte. Selon l’enquête, l’absence de médecin sur place a contribué au fait que l’intubation soit pratiquée tardivement.
Un nombre croissant de patients confrontés à cette situation
Il semblerait que le cas de Conor Hylton ne soit pas isolé : en soins intensifs, un nombre croissant de patients ne verraient pas de spécialiste en personne, même en cas d’urgence. Car alors même que le recours à la télésanté s’est développé ces dernières années, les normes régissant son utilisation – en particulier dans ces circonstances – « n’ont pas suivi le rythme ».
Une étude de 2018 à partir des données de l’American Hospital Association a révélé que plus de 25% des unités de soins intensifs des hôpitaux interrogés recouraient à la télémédecine. Selon le Dr Jeremy Kahn, il s’agit en général de « compléter l’expertise d’un médecin présent sur place », ou de « renforcer les soins pendant le service de nuit, lorsque les effectifs sont parfois réduits ». Mais pour l’avocat de la famille, Joel Faxon, « on ne peut pas prodiguer des soins via un système vidéo » (cf. Télémédecine et pédiatrie: des erreurs de diagnostics et de prescriptions).
Source de la synthèse de presse : CNN, Jen Christensen (09/04/2026)