Quelle est la position de la médecine sur la fin de vie ?
Traditionnellement, la mission de la médecine est de soigner, soulager et accompagner, non de provoquer la mort. Le Code de déontologie médicale français interdit explicitement tout acte euthanasique ainsi que le serment d’Hippocrate, récité par tous les docteurs en médecine. Toutefois, certaines voix médicales plaident pour une « exception d’euthanasie », au nom de la compassion. Cette évolution interroge profondément la vocation du soin. Accepter de donner la mort, même exceptionnellement, brouille le lien de confiance entre patient et soignant, et transforme la médecine en un pouvoir de vie ou de mort.
Le serment d’Hippocrate engage le médecin à ne jamais administrer de poison, même sur demande. Ce principe fonde une relation de confiance : le patient est assuré que le soignant est là pour l’aider à vivre jusqu’au bout, et non pour décider de sa mort.
Le Code de la santé publique (article R.4127-38 al 2) confirme cette interdiction. Toutefois, des tribunes et rapports officiels suggèrent une ouverture à l’euthanasie, présentée comme un « prolongement du soin ». Cette confusion des finalités est dangereuse. Elle risque de redéfinir la médecine sur des bases utilitaristes : le soin ne viserait plus le bien du patient, mais sa « convenance ».
L’expérience montre qu’un bon accompagnement palliatif diminue très largement les demandes d’euthanasie. La médecine authentique est celle qui soulage sans jamais tuer.