Un implant cérébral permet à un patient de « parler » et travailler à domicile depuis presque deux ans
L’Américain Casey Harrell, atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi appelée maladie de Charcot, était incapable de bouger et de parler de façon intelligible. Installé depuis maintenant presque 2 ans, un implant cérébral lui permet de commander un ordinateur et reproduire une parole naturelle. Il peut parler et travailler à son domicile, sans avoir besoin de l’aide de chercheurs à ses côtés. Les résultats de cette expérience ont été publiés dans la revue Nature Medicine[1].
Parler de façon fluide, à domicile et de façon autonome
Jusqu’à présent, les implants cérébraux capables de reproduire la parole étaient utilisés lors de protocoles encadrés par des chercheurs. Personne ne savait comment permettre à un patient d’en avoir un usage autonome à son domicile et pour une durée suffisante (cf. Locked-in Syndrome : communiquer grâce à une interface cerveau-ordinateur).
En juillet 2023, une équipe de chercheurs de l’université de Californie à Davis, l’université Brown et du Mass General Brigham Neuroscience Institute dirigée par le neurochirurgien David Brandman a proposé à Casey Harrell de participer à l’essai clinique BrainGate 2 (cf. Maladie de Charcot : un patient retrouve la parole de façon instantanée et expressive). Les scientifiques ont procédé à l’implantation chirurgicale d’une interface cerveau-ordinateur capable de retranscrire l’activité cérébrale du patient en une « voix » générée par IA qui imite fidèlement la parole naturelle. Depuis, Casey Harrell peut utiliser un ordinateur et communiquer avec ses proches de façon fluide, avec pour seule assistance l’intervention ponctuelle d’un aide-soignant à domicile qui allume et éteint le dispositif (cf. Interface cerveau-machine : un homme atteint de la maladie de Charcot parvient à « parler »). Il peut même accentuer certains mots d’une phrase et chanter des mélodies simples (cf. Patrick Hetzel : « Les neurotechnologies doivent, d’abord et avant tout, servir à guérir et à réparer »).
Parler et travailler sans contrainte de durée
David Brandman a implanté le dispositif dans le gyrus précentral gauche de Casey Harrell, une région cérébrale responsable de la parole. Il y a placé quatre réseaux de microélectrodes conçus pour enregistrer l’activité cérébrale captée par 256 électrodes corticales.
Casey Harrell a utilisé le dispositif chez lui pour parler et travailler pendant un total de plus de 3.800 heures, parfois pendant 12 heures de suite. Il a pu formuler plus de 183 000 phrases et près de 2 millions de mots, avec une vitesse croissante, pour finalement atteindre les 56 mots par minute (cf. Implants cérébraux : l’intérêt, et les craintes, de l’Académie de médecine ; Santé, performance, « bien-être » : face au développement des neurotechnologies, l’urgence d’une prise de conscience).
Sources de la synthèse de presse : MIT Technology Review, Jessica Hamzelou ; UC Davis Health News (15/06/2026)
[1] Card, N.S., Singer-Clark, T., Peracha, H. et al. Long-term independent use of an intracortical brain–computer interface for speech and cursor control. Nat Med (2026). https://doi.org/10.1038/s41591-026-04414-6