Afrique du Sud : pas d’objection de conscience pour les pharmaciens

Afrique du Sud : pas d’objection de conscience pour les pharmaciens

Le Conseil de l’ordre des pharmaciens sud-africains (SAPC) a publié un avis précisant que les pharmaciens ne peuvent pas refuser, que ce soit pour des raisons « personnelles » ou « morales », de délivrer une pilule abortive à une femme qui souhaite interrompre sa grossesse.

L’avis du SAPC fait suite à une lettre ouverte de 13 ONG et centres juridiques au Conseil de l’ordre et au ministère de la Santé. Cette dernière affirme que des pharmaciens refuseraient de délivrer des produits abortifs alors que les patientes présentent des « ordonnances valides ». 40% des pharmacies interrogées seraient concernées.

Cette lettre ouverte s’accompagnait d’un avis juridique considérant que ce refus constitue « une forme d’obstruction à l’accès aux soins de santé ». Or, selon le National Clinical Guideline for Implementation of the Choice on Termination of Pregnancy Act, les pharmaciens, en tant que « prestataires de soins de santé indirects », ne peuvent pas refuser de « fournir des soins, qualifiés de généraux ou standards », en fonction de « croyances personnelles ». D’après la loi sur « le choix en matière d’interruption de grossesse » (CTOP [1]), ils sont passibles d’une amende voire d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans.

Le SAPC s’est rangé à cet avis, affirmant que « les pharmaciens ne peuvent entraver ou empêcher une femme d’exercer son choix d’interrompre une grossesse sur la base de leur opinion personnelle ou de leurs croyances ».

Ils doivent « agir dans le meilleur intérêt de leurs patients et respecter leur autonomie en matière de santé reproductive ». Par ailleurs, le Conseil en a profité pour rappeler son pouvoir d’enquête sur les « comportements inappropriés » des pharmaciens ainsi que son pouvoir de sanction. Les personnes qui souhaitent signaler que des pharmaciens refusent de délivrer des produits abortifs en raison de leurs convictions personnelles sont « encouragées » à déposer une plainte auprès du SAPC.

 

[1] Choice on Termination of Pregnancy Act

Source : IOL, Zelda Venter (06/02/2025)