« Aide à mourir » : une mutuelle propose des amendements aux députés
Alors que les députés s’apprêtaient à examiner la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) a envoyé à des parlementaires des propositions d’amendements. L’organisme « préconise d’élargir les conditions d’accès au suicide assisté et à l’euthanasie au travers de quinze amendements prêts à l’emploi ».
Des élargissements tous azimuts
La mutuelle voudrait tout d’abord voir supprimer la notion de « phase avancée ou terminale » de la maladie des conditions à remplir pour avoir recours au suicide assisté (cf. La Commission spéciale adopte l’« aide à mourir », sans la conditionner à un pronostic vital engagé). « Cette notion est médicalement très complexe à déterminer et a pour conséquence d’exclure certaines personnes atteintes de maladies dégénératives voire neurodégénératives », argumente la MGEN.
L’organisme recommande aussi de prévoir la possibilité de demander l’euthanasie via les directives anticipées, « notamment « dans un état de mort cérébrale » (sic), de « coma » ou d’ »état végétatif irréversible » ». D’autres amendements visent à laisser le « choix » entre suicide assisté et euthanasie ou encore à supprimer le critère de nationalité (cf. Fin de vie : « disposer d’un choix n’est pas bénéfique par nature »).
Des euthanasies pour faire des économies ?
« Est-ce un calcul économique ou de l’idéologie ? Difficile à dire », s’interroge le député LR Philippe Juvin. « Mais je ne suis pas sûr que ce soit le rôle d’un organisme chargé de rembourser des soins de faire la promotion de l’euthanasie alors que l’on sait bien qu’abréger des vies fait faire des économies à la société dans les pays où elle est autorisée », relève-t-il (cf. Canada : 1200 euthanasies en plus, 149 millions de dollars de frais de santé en moins). En effet, « les périodes de fin de vie coûtent très cher, particulièrement la dernière année » (cf. Euthanasie : la question économique que personne ne soulève).
Le président de la MGEN, Matthias Savignac, se défend de tout calcul, dénonçant un « procès d’intention ». La mutuelle « a mené dès son origine des combats de convictions en faveur de la contraception, de l’IVG ou, plus récemment, de la laïcité. La défense de droits sociaux est inscrite dans notre ADN », affirme-t-il. En 2023, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) s’était alliée à la MGEN et à plusieurs autres organisations dans un « pacte progressiste fin de vie » en faveur de l’évolution de la loi (cf. Fin de vie : des mutuelles et fédérations professionnelles pour « l’aide active à mourir »).
Source : Le Figaro, Agnès Leclair (11/04/2025)