Amyotrophie spinale : un bébé traité par thérapie génique in utero
Une fillette de deux ans et demi ne montre aucun signe d’amyotrophie spinale (SMA) après avoir été traitée in utero. Ces résultats ont été publiés dans la revue New England Journal of Medicine [1].
Une administration avant la naissance pour la première fois
Cette pathologie est causée par des mutations du gène SMN1 qui provoquent une déficience d’une protéine essentielle à la survie des motoneurones [2] de la moelle épinière. « Cela empêche les muscles de recevoir des signaux du cerveau, ce qui entraîne leur dépérissement ». Dans sa forme la plus grave, comme dans le cas de cette enfant, les individus sont dépourvus des deux copies du gène SMN1 et ne possèdent qu’une ou deux copies d’un gène voisin, SMN2, qui compense en partie cette déficience. Les patients dépassent alors rarement leur troisième anniversaire.
Les scientifiques ont administré du risdiplam [3] par voie orale à la mère, enceinte de 32 semaines. Il agit en modifiant l’expression du gène SMN2 afin qu’il produise davantage de protéines SMN. Habituellement ce traitement est prescrit après la naissance. Ce sont les parents qui ont demandé cette administration en anténatal, ayant déjà perdu un enfant de cette maladie.
La mère a pris le traitement quotidiennement pendant six semaines. Sa fille a continué alors qu’elle était âgée d’une semaine environ. Un traitement qu’elle suivra « probablement » à vie.
Des résultats à confirmer
Même après 30 mois, la petite fille a un « développement musculaire normal sans aucun signe d’atrophie ». Ses taux de protéines sont en outre plus élevés que ceux des enfants nés avec cette maladie. Le « bébé a été traité efficacement », conclut Michelle Farrar, neurologue pédiatrique à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud à Sydney, en Australie
Selon les chercheurs, cet essai ouvre la porte à des études plus vastes afin de déterminer si ces résultats peuvent être reproduits.
[1] Finkel, R. S. et al. N. Engl. J. Med. https://doi.org/10.1056/NEJMc2300802 (2025).
[2] Cellule nerveuse qui achemine les ordres de motricité, sous forme d’influx nerveux, du cerveau et de la moelle épinière vers les muscles qui effectuent le mouvement commandé
[3] fabriqué par la société Roche
Sources : Nature, Smriti Mallapaty (20/02/2025) ; The Indian Express (24/02/2025)