Au Royaume-Uni, une hausse des GPA par des hommes célibataires et des GPA internationales

Publié le 23 avril 2026
Au Royaume-Uni, une hausse des GPA par des hommes célibataires et des GPA internationales
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Le Royaume-Uni observe une hausse spectaculaire de deux phénomènes : le recours à des mères porteuses par des hommes célibataires d’une part, les GPA effectuées à l’étranger d’autre part – malgré une législation qui autorise les GPA « altruistes » effectuées sur le territoire britannique (cf. Olivia Maurel née par GPA : « Il n’y a pas et il n’existera jamais de GPA dite “éthique” »).

Trois fois plus de GPA pour des hommes célibataires depuis 2019

Depuis 2019, date à laquelle la GPA a été autorisée aux personnes seules, le Royaume-Uni a vu une hausse spectaculaire du nombre d’hommes célibataires qui deviennent père suite à une GPA. Le nombre de demandes de reconnaissance de lien de filiation d’un enfant né par GPA par des hommes seuls a triplé depuis 2019. D’après le Children and Family Court Advisory and Support Service (Cafcass), entre 2019 et 2025 le nombre total de demandes était de 170, avec 29 demandes en 2019, 12 l’année suivante, pour atteindre les 36 demandeurs en 2025.

Le risque d’une tendance croissante à la monoparentalité par GPA

Les demandes de GPA par des hommes célibataires restent rares, surtout au regard du nombre total de demandes entre 2020 et 2024, qui s’élève à 2.022. Cette évolution montre tout de même une tendance croissante à la monoparentalité. Et bien qu’il n’y ait pas de chiffres officiels sur les demandes de femmes célibataires, on peut supposer que les cas hyper médiatisés de Naomi Campbell et Lucy Liu pourraient faire des émules. Les deux célébrités sont devenues mères célibataires par GPA en 2021 et 2023 pour la première et 2023 pour la seconde (cf. GPA : la femme exploitée).

La GPA commerciale pratiquée malgré son interdiction

La loi n’autorise que les GPA dites « altruistes » dans le cadre de l’entourage familial ou amical – une femme peut porter un enfant et le remettre à son frère ou un couple d’amis par exemple. Il est interdit de rémunérer une mère porteuse, seul est autorisé un défraiement des dépenses ou du manque à gagner entraînés par la grossesse (cf. Réforme de la GPA au Royaume-Uni : le gouvernement temporise).

La GPA à titre commercial est tout de même pratiquée par des Britanniques qui ont recours à une mère porteuse à l’étranger puis emmènent l’enfant chez eux et obtiennent les droits parentaux sur lui auprès des tribunaux aux affaires familiales (cf. GPA : la « complaisance » de la France ?).

La hausse des GPA effectuées par des femmes précaires à l’étranger

Lexi Ellingsworth, la fondatrice de Stop Surrogacy Now UK, dénonce une hausse préoccupante du nombre de GPA effectuées à l’étranger pour le compte de personnes ou couples résidant au Royaume-Uni. Elle cite l’Ukraine, la Géorgie, le Mexique, le Nigeria et les Etats-Unis parmi les pays qui autorisent la rémunération des mères porteuses. Là, des agences de GPA recrutent des femmes au statut très précaire pressées par la contrainte économique (cf. Iran, Inde : la GPA pour payer ses factures). On peut également citer le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Malaisie, le Kenya, l’Ouganda et la Zambie (cf. « La GPA est un marché mondial qu’il faut abolir internationalement »).

Ce phénomène est certainement lié au fait qu’au Royaume-Uni, les femmes qui choisissent librement de porter un enfant pour autrui sont rares (cf. « Des dénis de grossesse sur commande » : un documentaire dévoile la réalité de la GPA).

Un paradoxe apparent : malgré la légalisation de la « GPA altruiste », la grande majorité des GPA a lieu à l’étranger

Le nombre de demandes de reconnaissance des liens parentaux pour des enfants nés par GPA à l’étranger est passé de 215 en 2021 à 509 en 2025. Cette même année, le nombre de naissances par GPA effectuées sur le territoire britannique était de 150. Malgré les dispositions légales dans le pays, 77% des demandes de reconnaissance de filiation par GPA concerne des enfants nés à l’étranger.

La GPA internationale est un secteur économique en plein essor qui pourrait représenter un total de plus de 117 milliards d’euros d’ici 2035.

Sources de la synthèse de presse : The Times, Sanchez Manning (21/04/2026) ; The Telegraph, Tom McArdle (22/04/2026)