Une start-up affirme avoir fabriqué des spermatozoïdes in vitro, et les avoir utilisés pour obtenir des embryons
Une start-up de l’Utah, Paterna Biosciences, affirme avoir réussi à cultiver en laboratoire des spermatozoïdes humains fonctionnels et à les utiliser pour créer des embryons « d’apparence visiblement saine » (cf. Le zygote « n’est pas un projet parental, il est un projet de lui-même »). Ces résultats n’ont toutefois pas encore été publiés dans une revue à comité de lecture, « ni été vérifiés de manière indépendante ».
« Nous avons déterminé les instructions nécessaires pour apprendre à ces cellules souches à devenir des spermatozoïdes matures et normaux »
Le processus consiste à isoler des cellules souches productrices de spermatozoïdes[1] à partir de tissu testiculaire et à « inciter ces cellules à se transformer en spermatozoïdes dans une boîte de Petri ». Une entreprise française, Kallistem, avait affirmé avoir obtenu une spermatogenèse in vitro en 2015, mais certains chercheurs ont remis en question le fait que la société ait véritablement obtenu un « développement complet » de ces spermatozoïdes (cf. Des spermatozoïdes humains complets in vitro : première mondiale ou effet d’annonce ? ; Création de spermatozoïdes in vitro : révolution ou répétition ?). Kallistem n’a en outre pas prouvé que ceux-ci étaient capables de féconder des ovules.
Dans l’organisme, il faut un peu plus de deux mois, et plusieurs étapes, pour que les cellules souches génératrices de spermatozoïdes deviennent des spermatozoïdes matures. « Il existe des mécanismes de contrôle très stricts à chacune de ces étapes », explique Alexander Pastuszak, PDG et cofondateur de Paterna, qui est également urologue et professeur agrégé de chirurgie à la faculté de médecine de l’université de l’Utah. « Nous avons déterminé les instructions nécessaires pour apprendre à ces cellules souches à devenir des spermatozoïdes matures et normaux. »
Des recherches qui s’adressent aux hommes infertiles
« C’est une avancée majeure », considère Larry Lipshultz, professeur d’urologie au Baylor College of Medicine, qui n’est pas associé au projet de Paterna. « On ne comprenait pas, ou on n’avait jamais réussi à déterminer, quels facteurs de croissance il fallait fournir à ces cellules pour qu’elles se transforment en spermatozoïdes matures. Apparemment, ils ont identifié ces substances. »
Environ 10 à 15% des hommes infertiles présentent une absence totale de spermatozoïdes dans l’éjaculat. Ces hommes semblent tout de même posséder les cellules souches à l’origine de la production de spermatozoïdes. C’est à cette population que Paterna compte s’adresser « en premier lieu ».
[1] Les spermatogonies
Source de la synthèse de presse : Wired, Emily Mullin (23/04/2026)