Après le mammouth laineux et le loup préhistorique, Colossal s’attaque au dodo

Publié le 19 septembre 2025
Après le mammouth laineux et le loup préhistorique, Colossal s’attaque au dodo
© iStock

Le 17 septembre, l’entreprise Colossal Biosciences, spécialisée dans la « désextinction » a annoncé avoir franchi « une étape cruciale » pour « ressusciter » le dodo. La firme affirme en effet avoir réussi à cultiver des cellules germinales primordiales de pigeon, précurseurs des spermatozoïdes et des ovules.

La société indique également avoir mis au point des poulets génétiquement modifiés qui serviront de « mères porteuses » aux dodos. Les poulets recevront une injection de cellules germinales primordiales provenant de pigeons Nicobar, « les plus proches parents vivants des dodos ».

« A vue de nez, nous pensons qu’il faudra encore attendre cinq à sept ans, mais ce ne sera pas dans 20 ans », assure Ben Lamm, directeur général de Colossal, à propos du calendrier prévu pour le « retour » du dodo.

Fabriquer des milliers de dodos ?

« Notre objectif est de créer suffisamment de dodos présentant une diversité génétique suffisante pour pouvoir les réintroduire dans la nature, où ils pourront véritablement prospérer », poursuit-il. « Nous ne cherchons donc pas à créer deux dodos, mais des milliers. »

Mais certains experts se sont interrogés sur la manière de définir ces espèces génétiquement modifiées (cf. Une espèce de loup ressuscitée ? L’annonce enjolivée de Colossal Biosciences) et sur leur rôle dans des écosystèmes dégradés par l’emprise humaine et la crise climatique.

Un « énorme risque moral »

Ainsi, pour Rich Grenyer, biologiste à l’université d’Oxford, la « désextinction » est une « distraction « dangereuse » et ces animaux génétiquement modifiés sont « au mieux une sorte de simulation, un peu comme ces dérangeants portraits de parents décédés créés par IA que l’on voit parfois ».

« En qualifiant les espèces modernes génétiquement modifiées d’espèces éteintes ramenées à la vie, si cela prend de l’ampleur, cela représente un énorme risque moral », poursuit-il, car cela favorise les activités responsables de leur extinction.

L’entreprise compte des investisseurs célèbres tels que Paris Hilton ou Tiger Woods, et sa valeur est désormais estimée à 10,2 milliards de dollars.

Sources de la synthèse de presse : The Guardian, Oliver Milman (17/09/2025) ; News.com, Natalie Brown (18/09/2025)