Australie : une femme transgenre poursuit une conseillère pour avoir contesté sa décision d'allaiter

Publié le 15 novembre 2025
Australie : une femme transgenre poursuit une conseillère pour avoir contesté sa décision d'allaiter
© iStock - SDI Productions

En Australie, une femme transgenre poursuit une ancienne conseillère en allaitement devant le tribunal civil et administratif du Queensland pour avoir contesté sa décision d’allaiter son nouveau-né. Jennifer Buckley, 44 ans, a pris « un cocktail d’hormones et de médicaments » pour déclencher une lactation. Jennifer, anciennement Adrian, a ainsi « allaité » son fils pendant « environ une semaine » après sa naissance en 2019.

Les hommes « n’allaitent pas par définition »

« Les hommes restent des hommes, quelle que soit la façon dont ils s’identifient, juge Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale aux Nations unies sur la violence contre les femmes et les filles. Ils n’allaitent pas par définition. » « C’est l’intérêt supérieur du nouveau-né qui doit déterminer la décision », poursuit-elle. Une décision « qui doit être prise sans tenir compte de positions idéologiques, y compris le désir que certains hommes adultes peuvent avoir d’utiliser la question de l’allaitement maternel pour confirmer leur identité féminine acquise ».

Selon l’endocrinologue de Jennifer Buckley, Naomi Achong, le lait maternel produit par les femmes transgenres est « identique à celui des mères conventionnelles » (cf. Le « lait humain », aussi bon que le lait maternel ?). « J’ai induit la lactation chez un certain nombre de femmes transgenres avec des résultats entièrement positifs pour les parents et les enfants ; aucun résultat négatif n’a été signalé », assure le médecin qui reconnait toutefois que les données publiées sur le sujet sont « limitées ».

« La confusion entre sexe, genre et identité de genre a des conséquences négatives profondes sur les droits de tous les membres de la société »

« On prend davantage conscience que la confusion entre sexe, genre et identité de genre a des conséquences négatives profondes sur les droits de tous les membres de la société, y compris les femmes et les filles, mais pas seulement », pointe Reem Alsalem. « C’est une bonne chose, car cela marque le retour lent mais indispensable du bon sens, de l’égalité et de l’équité. » (cf. « Corps avec des vagins, personne en capacité de porter un enfant » : quand les mots effacent la femme)

« Comme je l’ai déjà souligné ailleurs, de nombreux membres du personnel dans plusieurs pays, y compris des femmes, ont malheureusement fait l’objet de mesures disciplinaires injustes ou ont été licenciés, même lorsque leur désaccord était motivé par des préoccupations objectives en matière de santé », déplore l’experte de l’ONU.

Une question qui « devrait concerner les bébés et les jeunes enfants et ce qui est le mieux pour eux »

Jasmine Sussex, l’ancienne conseillère de l’Association australienne pour l’allaitement maternel (ABA) qui est visée par la plainte pour diffamation de Jennifer Buckley, a été exclue de l’ABA après s’être opposée à la femme transgenre au sujet de l’allaitement maternel. Une audience est prévue l’année prochaine.

« Je n’ai pas le choix », a-t-elle confié. « Les mères et les bébés sont trop importants pour être sacrifiés sur l’autel de la tentative égoïste, théâtrale et futile d’un homme qui veut être mère. » Elle est rejointe par le cofondateur du parti politique Australian Greens, Drew Hutton : « Cette question ne concerne pas les besoins des hommes qui s’identifient comme femmes ; elle devrait concerner les bébés et les jeunes enfants et ce qui est le mieux pour eux ».

Source de la synthèse de presse : The Australian, Jamie Walker (07/11/2025)