« Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral » : le « droit à l’aide à mourir » fermement condamné par Léon XIV
« Je sais que pour certains d’entre vous, en raison de pathologies particulières et de douleurs parfois terribles, l’horizon peut apparaître sombre, incertain, sans issue. Mais aucune loi humaine ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité. Au contraire, c’est au nom de cette dignité inaliénable de la personne humaine que la tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion doit être fermement rejetée. Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. » [1]
Alors que, pour le troisième jour de sa visite apostolique en France, le Pape est à Lourdes, il a condamné sans appel la pratique de l’« aide à mourir ». Un message hautement symbolique dans ce lieu habité par les malades et les personnes vulnérables.
En s’adressant aux malades et à leurs accompagnants, Léon XIV a appelé à une conversion du regard : « A l’heure où certaines sociétés tendent à détourner leurs regards et à fermer les yeux sur la dignité de la vie humaine, « il est urgent d’entretenir en nous et chez les autres, un regard contemplatif. (…) Ce regard (…) est disposé à percevoir dans le visage de toute personne une invitation à la rencontre, au dialogue, à la solidarité »[2], pour que le monde ait la vie ».
La dignité de la personne humaine « ne se mesure pas et ne se discute pas »
« La personne humaine est digne, par le simple fait qu’elle existe et a pour fin l’éternité. Sa dignité ne se mesure pas et ne se discute pas », a insisté le Pape, appelant « toute la communauté des soignants à se souvenir du sens profond de sa vocation : veiller sur la personne souffrante et non pas la supprimer ».
« Oui chers amis, soyez des serviteurs passionnés de la vie ! », a poursuivi Léon XIV, reprenant les propos qu’il avait tenus lors de l’audience accordée aux membres de la Fondation Jérôme Lejeune : « Personne n’a le droit, jamais, « sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ! » »[3] (cf. « La valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit » : Léon XIV rend hommage à Jérôme Lejeune).
« Frères et sœurs malades », « vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité »
Le Souverain pontife a dès lors invité à « développer sans relâche les structures de soins palliatifs et de recherche », et à « accompagner avec tendresse les malades ». « En soignant les corps, vous pansez aussi les âmes », assure-t-il aux soignants.
Et s’adressant aux malades, Léon XIV leur a redit leur valeur : « Chers frères et sœurs malades, je tiens à vous dire : vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Eglise ». Un message qu’il leur avait déjà adressé lors de son homélie prononcée ce dimanche : « Ici, aucune fragilité n’est rejetée. Vos béquilles, vos fauteuils roulants, vos larmes cachées ne sont pas des obstacles : ils sont le lieu par excellence où vous êtes pleinement respectés, accueillis et transformés par l’amour infini de Dieu » [4].
[1] La Croix, Pape à Lourdes : le discours de Léon XIV devant des malades et accompagnants (27/09/2026)
[2] Lettre encyclique de Jean-Paul II, Evangelium vitae, n. 83
[3] Discours aux membres de la Fondation Jérôme Lejeune, 22 juin 2026
[4] La Croix, Discours – Pape à Lourdes : le texte intégral de l’homélie de la messe de Léon XIV (27/09/2026)