Chine : 2 reins et 1 foie de porc transplantés à un homme en état de mort cérébrale

Publié le 1 juin 2026
Chine : 2 reins et 1 foie de porc transplantés à un homme en état de mort cérébrale
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En Chine, un homme de 53 ans en état de mort cérébrale a subi la transplantation de deux reins et d’un foie « entier » provenant d’un porc génétiquement modifié. Ses « fonctions organiques » ont été maintenues pendant « près de cinq jours » « avec le consentement de sa famille ». Aucun signe de rejet des organes n’a été observé au cours des premières 24 heures comme l’indique une étude publiée dans la revue Med[1].

Vers des xénotransplantations multi-organes ?

La plupart des interventions consistant à transplanter un organe de porc chez un être humain — appelées xénotransplantations — ne concernent qu’un seul organe. Des essais cliniques sur des personnes vivantes sont en cours aux Etats-Unis et en Chine (cf. Xénotransplantation : les essais cliniques démarrent). Jusqu’à présent, seules des parties d’un foie de porc avaient été transplantées chez un être humain, affirme Xuyong Sun, chercheur à l’université médicale du Guangxi à Nanning en Chine. La greffe d’un rein et d’un foie de porc au cours d’une même intervention est également unique, assure Leonardo Riella, médecin-chercheur au Massachusetts General Hospital de Boston, qui a dirigé en 2024 l’équipe ayant réalisé la première greffe d’un rein de porc sur un être humain vivant (cf. Xénotransplantation de porc : premier rein transplanté chez un patient vivant).

Selon Wayne Hawthorne, chirurgien et chercheur en transplantation à l’université de Sydney, « l’étude montre que les xénotransplantations multi-organes sont possibles ».

3 « gènes humains » ajoutés et 3 « gènes porcins » supprimés

L’homme qui a reçu les organes de porc souffrait d’une grave insuffisance rénale chronique et présentait une hémorragie cérébrale avant que les médecins ne confirment la mort cérébrale. Son foie était sain, il a été transplanté à une personne vivante.

Le porc dont les organes ont été prélevés avait subi 6 modifications génétiques : trois « gènes humains » ont été ajoutés afin de réduire le risque de troubles de la coagulation sanguine, et trois « gènes porcins » ont été supprimés pour éviter le rejet des organes.

De premiers signes de rejet au bout de 36 heures

Dans les 19 heures qui ont suivi la greffe, le foie de porc a commencé à sécréter de la bile et a montré des signes de fonctionnement normal, rapporte l’équipe. Les taux de créatinine et d’urée — des déchets métaboliques qui étaient élevés en raison de la maladie rénale du patient — sont revenus à la normale après la transplantation des reins de porc, ce qui suggère que ceux-ci fonctionnaient également.

Toutefois, 36 heures après l’opération, l’équipe a remarqué les premiers signes d’un rejet des organes porcins. Ainsi, les cellules porcines du foie et des reins étaient « progressivement remplacées par des cellules humaines », ce qui suggère que le système immunitaire de l’homme avait détecté que les organes étaient étrangers. Les scientifiques ont également observé de « petites zones de nécrose tissulaire et de coagulation sanguine » dans le foie de porc.

Ayant constaté que les organes transplantés présentaient des taux élevés d’un type de cellule immunitaire appelée S100A12+, impliquée dans l’inflammation, les chercheurs pensent que ces cellules pourraient être ciblées « afin de réduire le risque de rejet d’organe à long terme ».

[1] J Liao et al., First human decedent model of orthotopic multi-organ xenotransplantation: Whole liver and bilateral kidneys from a six-gene-edited pig, Med, May 29, 2026, DOI: 10.1016/j.medj.2026.101148

Source de la synthèse de presse : Nature news, Rachel Fieldhouse (29/05/2026)