Covid long : un Autrichien recourt au suicide assisté le jour de son 22e anniversaire

Publié le 21 février 2026
Covid long  : un Autrichien recourt au suicide assisté le jour de son 22e anniversaire
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Un jeune Autrichien prénommé Samuel est décédé par suicide assisté le 30 janvier, jour de son 22e anniversaire, dans une petite ville près de Vienne (cf. Autriche : le Parlement légalise le suicide assisté ; Autriche : premier bilan après la dépénalisation du suicide assisté). Il avait contracté le Covid 19 en 2024 et souffrait depuis lors d’une forme de Covid long, le syndrome de fatigue chronique, ou encéphalomyélite myalgique (EM/SFC).

Un syndrome très difficile à endurer

La maladie résulterait d’un dérèglement du système immunitaire et du système nerveux consécutifs à l’infection virale. Le jeune homme a décrit des symptômes véritablement handicapants, il devait rester alité en permanence, bouger le moins possible et rester dans le noir sans la moindre stimulation visuelle ni auditive. « Je porte une double protection auditive, car je ne supporte pas non plus les bruits », raconte-t-il. « Je ne peux même pas parler à ma mère, qui s’occupe de moi, car écouter est trop fatigant et parler est désormais totalement impossible ». Il ajoute : « le pire, c’est le symptôme principal, le PEM (post exertional malaise), qui fait que le moindre dépassement de mes limites énergétiques entraîne (…) une aggravation durable de tous mes symptômes et de mon état général ; (…) je me retrouve alors dans un état encore pire qu’avant » (cf. Canada : euthanasié à 26 ans car diabétique et dépressif).

Un manque de prise en charge

Le jeune homme avait fait connaître sa décision de recourir au suicide assisté sur le forum Reddit et sur une chaîne de télévision locale 12 jours avant son décès. Il avait également autorisé son neurologue, le Dr Andreas Winkler, à diffuser son dossier médical afin de faire connaître la pathologie. Samuel voulait, avant son décès, sensibiliser l’opinion et alerter les autorités sur ce syndrome mal reconnu. Faute de marqueurs biologiques identifiés, la maladie est difficile à diagnostiquer et une partie du corps médical l’attribue à la dépression. Le Dr Andreas Winkler dénonce le manque de prise en charge des patients atteints de ME/SFC : « il y a trop peu de lieux d’accueil, et trop peu de services ambulatoires ; tout est en train de se mettre en place et cela prend du temps » (cf. Euthanasie : « On n’impose rien à personne » ?).

Une méconnaissance qui devrait inciter à la prudence

Le Dr Raphaël Gourevitch, psychiatre et chef de pôle à l’hôpital Sainte-Anne à Paris n’est pas favorable à l’octroi du suicide assisté aux jeunes patients comme Samuel : « On ne connaît pas le pronostic de ces maladies fonctionnelles qui parfois s’aggravent, parfois s’améliorent. Ce jeune homme avait peut-être encore de longues années devant lui, avec une qualité de vie… Je crains que ce ne soit l’illustration de ce qui risque de nous arriver en France » (cf. Belgique : à 31 ans, il renonce à l’euthanasie grâce à la réussite d’un traitement).

Sources de la synthèse de presse : Le Monde, Jean-Baptiste Chastand (18/02/2026) ; Ouest France avec NewsGene (18/02/2026) ; Le Figaro, Aude Bariéty de Lagarde (20/02/2026) ; Newsdeck Heute (31/01/2026) ; Heute, Mickael Pollak (30/01/2026)