Des organoïdes de cerveau « mosaïques » pour étudier l’épilepsie

Publié le 20 avril 2026
Des organoïdes de cerveau « mosaïques » pour étudier l’épilepsie
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Des chercheurs de l’équipe MOSAIC du Paris Brain Institute ont mis au point des organoïdes corticaux humains mosaïques porteurs de mutations du gène DEPDC5 afin de modéliser la dysplasie corticale focale, une malformation cérébrale responsable d’une épilepsie pharmacorésistante chez les enfants. Ils ont publié leurs travaux dans la revue Brain[1].

Etudier l’épilepsie

Environ 700 000 personnes en France vivent avec l’épilepsie, indiquent les chercheurs. Près de la moitié ont moins de 20 ans, et pour une personne sur trois, les médicaments disponibles n’apportent aucun soulagement. Dans certains cas, les crises sont causées par une anomalie structurelle du cerveau : la dysplasie corticale focale de type II (FCDII), une malformation qui perturbe l’organisation des cellules nerveuses dans le cortex.

La FCDII appartient à un groupe de pathologies causées par des mutations qui peuvent toucher divers types de cellules du cerveau en développement — neurones, astrocytes ou oligodendrocytes — « produisant un motif en mosaïque » : certaines cellules sont porteuses de la mutation, d’autres non.

Une nouvelle approche expérimentale

Pour étudier les mécanismes sous-jacents à la FCDII, l’équipe du Paris Brain Institute a mis au point une nouvelle approche expérimentale. Les chercheurs ont prélevé des cellules sanguines chez un jeune patient porteur d’une mutation du gène DEPDC5 — l’un des principaux gènes impliqués dans cette pathologie — ainsi que chez son frère non atteint, qui a servi de témoin.

Ces cellules ont été reprogrammées en cellules souches pluripotentes induites (iPS), puis différenciées en organoïdes corticaux humains : « de minuscules structures tridimensionnelles, de quelques millimètres de diamètre, qui reproduisent les étapes clés du développement du cerveau humain ». « Nous avons donc créé des organoïdes mosaïques humains en mélangeant des cellules portant deux copies mutées du gène DEPDC5 avec des cellules n’en portant qu’une seule », explique Marina Maletic, auteur principale de l’étude. Ce qui « permet de recréer la situation génétique observée dans le cerveau des patients ». En comparant trois types d’organoïdes, les scientifiques ont constaté que seuls les organoïdes mosaïques reproduisaient les caractéristiques de la maladie.

Vers une médecine de précision ?

Selon les scientifiques, les organoïdes mosaïques ouvrent la voie à la modélisation d’autres malformations cérébrales mosaïques (cf. « Chiméroïdes » : des organoïdes de cerveau issus de plusieurs personnes).

« Il s’agit d’un excellent modèle qui permettra à terme de mettre en place une médecine de précision, affirme Marina Maletic. En cultivant en laboratoire des mini-cerveaux à partir des propres cellules d’un patient, nous serons en mesure de tester plusieurs options thérapeutiques et d’identifier celle qui fonctionne le mieux pour cet individu, sans jamais toucher son cerveau. »

[1] Marina Maletic et al, Mosaic human cortical organoids model mTOR-related focal cortical dysplasia through DEPDC5 deletion, Brain (2026). DOI: 10.1093/brain/awag086

Source de la synthèse de presse : Medical Xpress, Marie Simon, Paris Brain Institute (16/04/2026)