Etats-Unis : une deuxième transplantation de rein de porc

Publié le 10 février 2025 . Mis à jour le 19 janvier 2026 à 18:03.
Etats-Unis : une deuxième transplantation de rein de porc
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Aux Etats-Unis, un homme du New Hampshire est désormais la deuxième personne à vivre avec un rein de porc. Tim Andrews, âgé de 66 ans, a subi une intervention au Massachusetts General Hospital le 25 janvier. Il n’a plus besoin de dialyse.

Des « expériences ponctuelles » à des études « plus formelles »

Les quatre premières greffes d’organes de porcs – deux cœurs et deux reins – « ont été de courte durée ». En revanche, le cinquième receveur d’une xénotransplantation, une femme demeurant dans l’Alabama « qui n’était pas aussi malade que les patients précédents », « survit depuis maintenant 2 mois et demi à une greffe de rein de porc effectuée en novembre au NYU Langone Health » (cf. Xénotransplantation : elle avait donné un rein à sa mère, elle reçoit un rein de porc).

Les médecins passent de ces « expériences ponctuelles » à des études « plus formelles ». En effet, « tout en surveillant le rétablissement d’Andrews, les médecins du Mass General Brigham ont reçu l’autorisation de la Food and Drug Administration de procéder à deux autres transplantations dans le cadre de leur étude pilote, en utilisant des reins de porc génétiquement modifiés fournis par la société de biotechnologie eGenesis » (cf. Xénotransplantations : deux sociétés autorisées par la FDA à mener des essais cliniques).

La société United Therapeutics, « un autre développeur d’organes de porc génétiquement modifiés », vient également d’obtenir l’approbation de la FDA pour mener un essai clinique sur le sujet.

Pas de signe de rejet pour le moment

Le Dr Tatsuo Kawai qui a dirigé cette dernière opération et la première greffe de rein de porc l’année dernière, indique être « très optimiste ». « J’espère que nous parviendrons à assurer la survie, la survie des reins, plus de deux ans », explique-t-il.

Le rein de porc implanté à Tim Andrews « a rapidement commencé à produire de l’urine au bloc opératoire ». Depuis, « il a éliminé les déchets normalement sans aucun signe de rejet ». Après une semaine passée dans un hôtel proche de Boston pour permettre des contrôles quotidiens, Tim Andrews « devrait bientôt rentrer chez lui dans le New Hampshire ».

Il est toutefois « trop tôt pour savoir comment Andrews s’en sortira ». Cependant, si la xénotransplantation devait échouer, il pourrait toujours prétendre à une greffe d’organe humain.

Complément du 29/09/2025 : Tim Andrews est parvenu à vivre huit mois sans que son corps ne rejette le rein de porc génétiquement modifié, « un record ».

Complément du 28/10/2025 : En dépit du traitement immunosuppresseur, le corps de Tim Andrews a fini par rejeter l’organe. Les chirurgiens lui ont retiré le rein de porc génétiquement modifié dans la nuit du 23 octobre. Tim Andrews a à nouveau été placé sous dialyse. Il espère pouvoir bientôt bénéficier d’une transplantation de rein humain.

Tim Andrews n’est pas éligible à recevoir un autre rein de porc en raison des conséquences néfastes que cette transplantation expérimentales a eues sur sa santé.

Complément du 19/01/2026 : Le 13 janvier, Tim Andrews a reçu un greffon, cette fois humain.

Sources de la synthèse de presse : Medical Xpress, Lauran Neergaard (07/02/2025) ; ABC, Peter de Kruijff et James Bullen (26/09/2025) ; Science, Jon Cohen (27/10/2025) ; CNN, Nadia Kounang (17/01/2026)