Gènes « sauteurs » : un mécanisme génétique qui pourrait expliquer le risque accru de maladies chez les enfants nés de FIV
Dans une étude publiée dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology[1], des chercheurs ont cherché à déterminer « si le stress subi par les embryons lors des procédures de FIV pouvait modifier la façon dont certains éléments d’ADN se déplacent au sein du génome, exposant potentiellement les bébés conçus par ce procédé à un risque accru de développer ces problèmes de santé à long terme ».
Un indicateur de « stress précoce » ?
Ils ont constaté que les bébés issus d’une fécondation in vitro présentaient une quantité plus élevée d’ADN « LINE-1 » (pour « Long Interspersed Nuclear Elements-1 ») dans leur génome, par rapport aux bébés conçus naturellement[2]. Avec un écart significatif[3].
Alors que « la majeure partie de notre ADN reste fixe », le LINE-1 fait partie d’une famille d’éléments transposables « capables de remodeler le génome humain ». Ces gènes dits « sauteurs » peuvent se répliquer et insérer ces copies à de nouveaux emplacements du génome.
Les éléments transposables tels que le LINE-1, également appelés « matière noire du génome », sont dotés d’une capacité à se déplacer « de manière autonome ». Un phénomène qui se produit « principalement » au cours du développement embryonnaire. Dès lors, ce « mouvement » pourrait être un indicateur de « stress précoce », comme l’a montré une étude sur un modèle murin qui a révélé une activité accrue du LINE-1 dans l’hippocampe de souriceaux privés de soins maternels.
Un « mécanisme génétique plausible »
Or ce mouvement a été observé à des endroits spécifiques du génome. Les scientifiques ont identifié 11 emplacements où les deux groupes d’enfants présentaient des différences quant à la fréquence d’insertion du LINE-1, et 14 où ils différaient quant à la fréquence de sa délétion. Par ailleurs, les gènes situés à proximité de ces sites ont été associés à des troubles métaboliques, à des maladies cardiovasculaires, à des troubles neuropsychiatriques et au développement de cancers.
Cette proximité suggère « l’existence d’un mécanisme génétique plausible » reliant le stress embryonnaire[4] lié à la fécondation in vitro à un risque accru de maladie. Les chercheurs avaient en effet déjà observé des tendances statistiques indiquant que les bébés issus d’une FIV présentent « un risque légèrement accru de développer certaines maladies » (cf. FIV : un risque accru de leucémie chez les enfants ; PMA : un risque nettement plus élevé de malformations cardiaques congénitales).
[1] Jian Li et al, In vitro fertilization–conceived offspring exhibit altered Long Interspersed Nuclear Elements-1 retrotransposition dynamics associated with long-term disease risks, American Journal of Obstetrics and Gynecology (2026). DOI: 10.1016/j.ajog.2026.05.005
[2] Etude menée sur 20 enfants conçus par FIV « classique », 13 par ICSI et 42 naturellement.
[3] Mais pas entre les enfants nés après une FIV « classique » ou une ICSI
[4] La FIV expose les embryons « à des facteurs de stress environnementaux tels que les milieux de culture artificiels, les fluctuations de température et la manipulation des embryons ».
Source de la synthèse de presse : Medical Xpress, Sanjukta Mondal (07/10/2026)