ICSI, stimulation ovarienne : des mutations dans l’ADN des enfants issus de PMA ?
Des chercheurs de la Faculté de médecine de Nanjing, en Chine, ont étudié l’impact des procédures de PMA sur la fréquence des mutations de novo[1] chez les enfants qui en sont issus. Cette étude qui offre une vision « détaillée » des « conséquences génétiques des traitements de l’infertilité largement utilisés » a été publiée dans la revue Nature Medicine[2].
Certaines techniques en cause, indépendamment de l’âge des parents
Les chercheurs ont réalisé un séquençage du génome complet chez 8328 nouveau-nés, nés vivants, issus de 7851 familles. Parmi elles, 2232 avaient eu recours à une aide médicale à la procréation. Les scientifiques ont identifié 390 924 variants de novo à un seul nucléotide, c’est-à-dire portant sur une seule base d’ADN.
Outre que l’âge paternel présentait la plus forte association avec le nombre de mutations de novo, les chercheurs ont également constaté que certaines techniques de procréation médicalement assistée étaient associées à ce type de mutation, indépendamment de l’âge des parents. Plus précisément, le recours à l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI), qui consiste à injecter un spermatozoïde directement dans un ovule, la stimulation ovarienne et la culture d’embryons étaient liés à des mutations de novo.
La nécessité de travaux supplémentaires
Cette étude étant observationnelle, elle ne permet pas d’établir que l’âge des parents ou les techniques de procréation médicalement assistée soient « directement » à l’origine de ces mutations ou des conséquences sur la santé qui y sont associées, précisent les chercheurs.
Des travaux supplémentaires sont nécessaires pour approfondir ces associations et déterminer si elles reposent sur des mécanismes biologiques.
[1] mutation qui apparaît chez un individu alors qu’elle n’est pas présente dans le patrimoine génétique de ses parents
[2] Qin, N., Dai, J., Jiang, Y. et al. Large-scale whole-genome sequencing reveals the landscape and health implications of de novo mutations. Nat Med (2026). https://doi.org/10.1038/s41591-026-04585-2
Source de la synthèse de presse : BioNews, Eleanor Gallegos (05/10/2026)