Une méthode pour évaluer la ressemblance entre embryoïdes et embryons

Publié le 8 octobre 2026
Une méthode pour évaluer la ressemblance entre embryoïdes et embryons
© iStock

Des chercheurs de l’université de Sydney ont mis au point une nouvelle méthode « permettant d’évaluer dans quelle mesure les modèles biologiques cultivés en laboratoire[1] ressemblent à de véritables embryons humains ». Selon eux, certains « modèles embryonnaires » « donnent de bons résultats », mais « aucun ne parvient encore à rendre pleinement compte de la complexité du développement humain précoce » (cf. Royaume-Uni : un « code de bonnes pratiques » pour l’utilisation des « embryons de synthèse » ; Toujours plus loin ? Des « embryoïdes » développent des tubes neuraux, des précurseurs d’organes et « même une chambre cardiaque primitive se contractant de manière autonome »). Leurs travaux ont été publiés dans Cell Systems[2].

Un objectif : reproduire le plus fidèlement possible le développement embryonnaire

« Notre cadre méthodologique permet aux chercheurs de comparer ces modèles à une référence biologique détaillée et de déterminer quels types de cellules et quels processus de développement sont fidèlement reproduits, et lesquels ne le sont pas », a déclaré Pengyi Yang, maître de conférences à la Faculté de mathématiques et de statistiques de l’université de Sydney et auteur principal de l’étude.

L’équipe a « combiné et harmonisé » plus de 14 000 transcriptomes unicellulaires (l’ensemble des molécules d’ARN présentes dans une cellule) provenant d’embryons humains, « à différents stades clés de leur développement ». Ils ont ainsi créé une « carte de référence » illustrant la manière dont les cellules se différencient et s’organisent normalement au cours des jours précédant et suivant immédiatement l’implantation.

Ils ont ensuite comparé cette référence à quatre protocoles de génération de blastoïdes « largement utilisés », mis au point par des groupes de recherche internationaux (cf. Une nouvelle méthode « performante » pour créer des « modèles embryonnaires »). Les chercheurs ne les ont pas simplement examinés d’un point de vue morphologique au microscope mais ils ont analysé « leur identité moléculaire, leur timing de développement, la structure de leur lignée cellulaire et d’autres caractéristiques biologiques ».

Selon eux, leurs travaux « fournissent une feuille de route » pour « améliorer les modèles embryonnaires » afin qu’ils ressemblent toujours plus à des embryons (cf. S’affranchir de la « barrière légale des 14 jours » : des chercheurs promeuvent les « modèles embryonnaires » dans un livre blanc).

De futurs travaux sur la formation des cellules germinales primordiales au stade embryonnaire

D’ailleurs ces « modèles » sont toujours plus utilisés. Le 2 octobre, l’Institut californien de médecine régénérative a octroyé à l’équipe de Magdalena Zernicka-Goetz, de Caltech, une subvention de 2,4 millions de dollars pour leurs travaux visant à étudier la formation des cellules germinales primordiales[3] au stade embryonnaire (cf. « Embryons de synthèse » humains : les annonces se multiplient).

« A l’aide de deux modèles complémentaires issus de cellules souches et reproduisant le développement humain précoce », les scientifiques entendent cartographier la zone et le moment où les cellules germinales primordiales apparaissent, quels sont les tissus qui les guident et quels signaux moléculaires sont essentiels à leur développement.

NDLR : Le recours à des embryons humains comme matériau de laboratoire constitue une atteinte à leur dignité.

[1] « Modèles embryonnaires », « embyoïdes », « embryons de synthèse » ou encore « blastoïdes » sont obtenus à partir de cellules souches (embryonnaires ou iPS) sans passer par une fécondation de gamètes

[2] Long, S. et al. Systematic transcriptomic evaluation of blastoid models of early human development, Cell Systems (2026). DOI: 10.1016/j.cels.2026.101738.

[3] les précurseurs des ovules et des spermatozoïdes

Sources de la synthèse de presse : Phys.org, University of Sydney (02/10/2026) ; Technology.org, Caltech (02/10/2026)