Une nouvelle méthode « performante » pour créer des « modèles embryonnaires »
Des chercheurs du laboratoire de Magdalena Zernicka-Goetz à Caltech indiquent avoir mis au point une nouvelle méthode « performante » pour créer des « structures semblables à des embryons à partir de cellules souches » chez la souris (cf. « Embryons de synthèse » humains : les annonces se multiplient). Ils ont publié leurs travaux dans la revue Developmental Cell[1].
Etudier l’influence de l’environnement sur la nidation
En utilisant des cellules souches et donc sans passer par une fécondation, l’équipe a construit des « modèles d’embryons » de souris appelés « blastoïdes-iG4 »[2] qui « imitent fidèlement » les blastocystes naturels, le stade de développement où un embryon s’implante dans l’utérus.
Les chercheurs comptent utiliser ces blastoïdes afin d’étudier les effets de facteurs environnementaux sur la nidation. « Ces modèles vivants nous permettent d’observer, dans une boîte de Petri, comment les embryons précoces s’organisent et de tester comment des expositions environnementales courantes, telles que la caféine, l’alcool, la nicotine et même les régimes riches ou pauvres en protéines, affectent ce processus », commente Magdalena Zernicka-Goetz.
Des « modèles » qui semblent représentatifs
Les chercheurs ont observé que les blastoïdes-iG4 réagissaient aux toxines et aux changements nutritionnels de la même manière que les embryons naturels. Par exemple, la caféine et la nicotine consommées au tout début de la grossesse réduisaient le nombre de cellules et perturbaient le développement. La modification de la disponibilité des acides aminés a quant à elle permis de reproduire l’impact d’un régime riche ou pauvre en protéines sur la croissance embryonnaire.
L’équipe a construit les blastoïdes-iG4 à partir de trois types de cellules souches, dont une « conçue pour exprimer un gène clé du développement » (GATA4). Selon les scientifiques, l’expression du gène GATA4 a constitué une « avancée majeure ».
Une méthode « productive »
La méthode mise au point par les chercheurs permet d’obtenir des blastoïdes « correctement développés » dans 80 % des cas. Cette « grande efficacité » permet aux chercheurs de produire des milliers de « modèles » afin de « mener des expériences robustes ».
Bien que ces travaux aient été réalisés sur des souris, les scientifiques affirment que ces « modèles » amélioreront « considérablement » l’étude des processus biologiques fondamentaux qui sous-tendent la reproduction. « Cette méthode change la donne », assure Sergi Junyent, chercheur postdoctoral à Caltech et coauteur de ces travaux.
« Optimiser les conditions de conception, qu’elle soit naturelle ou assistée »
« Appliquée à l’être humain, elle pourrait nous aider à comprendre pourquoi certains embryons se développent bien tandis que d’autres échouent, et comment optimiser les conditions de conception, qu’elle soit naturelle ou assistée », déclare le chercheur (cf. Une « feuille de route » pour des recherches sur l’embryon humain jusqu’à 28 jours)
Promettant d’explorer l’application des travaux en cours à la recherche sur la fertilité humaine « dans un cadre sûr, éthique et réglementé » (cf. Royaume-Uni : un « code de bonnes pratiques » pour l’utilisation des « embryons de synthèse »).
[1] Victoria Jorgensen et al, Efficient stem cell-derived mouse embryo models for environmental studies, Developmental Cell (2025). DOI: 10.1016/j.devcel.2025.08.004
[2] iG4-blastoids
NDLR : Les « embryons de synthèse » ou blastoïdes humains sont développés par les scientifiques afin de passer outre la réglementation en matière de recherche sur l’embryon (cf. « Embryons de synthèse » humains : les annonces se multiplient ; Embryoïdes : l’ABM propose une « troisième voie » pour « encadrer » les recherches).
Source de la synthèse de presse : Phys.org, Lori Dajose, California Institute of Technology (08/09/2025)