Violence contre les femmes âgées : à l’ONU, Reem Alsalem met en garde contre l’euthanasie

Publié le 9 octobre 2026
Violence contre les femmes âgées : à l’ONU, Reem Alsalem met en garde contre l’euthanasie

« La plupart des personnes âgées victimes de maltraitance sont des femmes. » Le 8 octobre, la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes et les filles, Reem Alsalem, a présenté son rapport relatif à la violence contre les femmes âgées. L’euthanasie est mentionnée à plusieurs reprises comme un risque encouru par les femmes âgées (cf. « Aide à mourir » : le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU épingle la France).

Des femmes parfois poussées à accepter l’euthanasie

« Lorsque les soins à prodiguer aux femmes âgées, notamment les soins psychologiques et les soins de fin de vie, sont négligés, celles-ci peuvent perdre espoir et se sentir poussées à accepter plus souvent le suicide assisté ou l’euthanasie, dont la normalisation risque d’ancrer des idées préconçues néfastes sur la valeur des personnes qui ont besoin de soins supplémentaires », met en garde Reem Alsalem.

Or, « d’après certaines études, même si la douleur pourrait désormais être maîtrisée médicalement dans près de 98% des cas, la plupart des patients atteints d’un cancer meurent encore dans la souffrance, poursuit le rapport. La possibilité de recourir à l’euthanasie et au suicide assisté pourrait réduire l’intérêt pour la formation à la prise en charge de la douleur ».

L’euthanasie au rang des violences physiques, et psychologiques

« Les femmes représentent environ 69% à 77% des cas d’euthanasie pour raisons psychiatriques », souligne le rapport. « On signale également des cas de femmes âgées ayant fait l’objet d’une euthanasie à la demande de leur famille, alors qu’elles étaient incapables d’exprimer leur volonté à ce moment-là, ou même qu’elles avaient exprimé le souhait de bénéficier de soins palliatifs plutôt que d’une euthanasie. »

Les violences psychologiques se manifestent quant à elles notamment « par le fait que les femmes âgées sont représentées comme constituant un fardeau financier pour la société, les situations de vulnérabilité, de maladie ou de déclin lié à l’âge étant vues comme incompatibles avec une vie digne », pointe Reem Alsalem[1] Le document poursuit : « Certaines femmes âgées ont rapporté avoir subi des pressions pour accepter l’euthanasie ou un suicide assisté lorsqu’elles sollicitaient une aide médicale pour des problèmes de santé, notamment des douleurs traitables ou des demandes d’installation de rampes d’accès pour fauteuils roulants, et sans aucun consentement éclairé » (cf. Canada : une étude de Cambridge alerte sur l’ « aide médicale à mourir »).

La vulnérabilité des femmes en situation de handicap

Au sein des « groupes de femmes à haut risque », figurent les femmes âgées en situation de handicap, qui sont « parmi les plus exposées à la violence, en raison des effets cumulés et croisés de l’âgisme, du sexisme et du capacitisme »[2]. Comme le refus ou la limitation de l’accès à certains traitements médicaux.

Face au constat, un groupe de travail étudie la possibilité d’élaborer « un nouvel instrument international sur les droits des personnes âgées, précisant les obligations des Etats à leur égard ».

La Rapporteuse spéciale formule également des recommandations dont le fait de « renforcer les politiques et accroître les investissements dans des soins palliatifs et des soins de fin de vie de grande qualité, y compris en ce qui concerne l’accès des femmes âgées à un soutien psychologique, social et spirituel ».

[1] « D’après des données provenant de l’Ontario (Canada), 47 % des personnes interrogées ont indiqué que le fait de ne pas vouloir être un fardeau pour leur famille et les personnes qui s’occupent d’elles était l’une de leurs principales raisons d’envisager l’euthanasie ou le suicide assisté. »

[2] La Fondation Jérôme Lejeune figure parmi les références citées. Elle avait contribué à ce rapport afin d’alerter sur les risques que l’euthanasie et le suicide assisté peuvent représenter pour les femmes âgées en situation de vulnérabilité.