Genre : une étude montre que la « transition médicale » chez les jeunes ne réduit pas les troubles psychiques. Au contraire.

Publié le 10 avril 2026 . Mis à jour le 23 avril 2026 à 18:56.
Genre : une étude montre que la « transition médicale » chez les jeunes ne réduit pas les troubles psychiques. Au contraire.
© iStock - master1305

Une étude de cohorte finlandaise menée sur une période allant de 1996 à 2019 révèle que les traitements de « transition de genre » n’améliorent pas l’état psychique des jeunes. Au contraire, pour les patients ayant subi des interventions hormonales ou chirurgicales, la morbidité psychiatrique augmente significativement. L’étude a été publiée le 4 avril dans la revue Acta Paediatrica [1].

Une étude d’ampleur

Les chercheurs ont analysé les données relatives aux 2 083 personnes ayant contacté les services finlandais spécialisés en « identité de genre » avant l’âge de 23 ans et les ont comparées à 16 643 témoins appariés.

En moyenne, la période de suivi s’est étalée sur près de 5 ans, certains cas ayant été suivis pendant 25 ans. Une des forces de l’étude est de s’être fondée sur une utilisation objective des données issues de bases plutôt que sur des auto-déclarations. En revanche les variables socio-économiques n’ont pas pu être intégrées.

Une augmentation de la morbidité psychiatrique au cours du suivi

La morbidité psychiatrique des adolescents adressés à des services spécialisés dans les questions de genre s’avère significativement plus élevée que dans les groupes de contrôle, que ce soit avant l’orientation : 45.7% vs. 15.0% ou au-delà de 2 ans après : 61.7% vs. 14.6%. Les besoins de prises en charge psychiatrique étaient plus importants chez les jeunes adressés après 2010. « Premier enseignement : les adolescents adressés aux services spécialisés présentent des niveaux très élevés de souffrance psychique » ; « deuxième enseignement : ces besoins de soins ne disparaissent pas dans le temps. Au contraire, ils persistent, et parfois s’intensifient », résume Céline Masson Professeur des universités et co-directrice de l’Observatoire la Petite Sirène dans une tribune pour Marianne.

Les résultats montrent en outre que les besoins ont fortement augmenté chez les jeunes ayant subi un traitement médical de « transition de genre », soit 38,2% de la cohorte. En effet, après un « traitement de féminisation », la proportion de patients ayant besoin d’une « aide psychiatrique spécialisée » est passée de 9,8% avant l’orientation vers ce traitement à 60,7% 2 ans après. Chez les patients ayant subi un « traitement de masculinisation », cette part est passée de 21,6% à 54,5%.

L’étude démontre par ailleurs que, même après ajustement pour tenir compte des antécédents psychiatriques, les personnes fréquentant des cliniques spécialisées dans les questions d’« identité de genre » sont 3 à 5 fois plus susceptibles d’avoir besoin de soins psychiatriques que leurs pairs.

Des interventions qui, dans certains cas, « semblent être liées à une détérioration de la santé mentale »

Les auteurs de l’étude observent que les besoins psychiatriques « ne diminuent pas après une réassignation sexuelle médicale ». Au contraire, dans certains cas, les interventions « semblent être liées à une détérioration de la santé mentale ».

Ces résultats infirment ainsi l’hypothèse selon laquelle la transition de genre serait une solution à la détresse psychologique chez les jeunes. Face à « la morbidité psychiatrique grave et significative avant le contact avec les services d’identité de genre », les chercheurs interpellent : « Cela nécessite d’évaluer et de traiter de manière approfondie et appropriée les troubles mentaux chez les personnes souhaitant une réassignation sexuelle, avant et après avoir subi des traitements médicaux irréversibles ».

Une remise en question de la prise en charge médicale

En Finlande, les directives nationales privilégient déjà « l’évaluation et le traitement approfondis » des troubles de santé mentale par rapport aux interventions hormonales ou chirurgicales, « en particulier pour les personnes dont la détresse liée au genre est apparue ou s’est intensifiée à l’adolescence » (cf. Genre : les bloqueurs de puberté provoquent des problèmes de fertilité « irréversibles »).

Cette étude intervient dans un contexte dans lequel plusieurs pays européens – dont la Finlande, la Suède et l’Angleterre – ont restreint ou suspendu les transitions médicales pour les mineurs faute de preuves de leur efficacité (cf. Dysphorie de genre chez les jeunes : la Suède mise sur la prudence ; Changement de genre chez les mineurs : la WPATH « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »). En 2025, aux Etats-Unis, les autorités sanitaires fédérales ont recommandé que les mineurs souffrant d’une dysphorie de genre bénéficient d’une thérapie plutôt que de subir une intervention chirurgicale ou hormonale irréversible (cf. Etats-Unis : la Chambre de représentants interdit les traitements de « transition de genre » pour les mineurs).

Céline Masson appelle à « réaffirmer une exigence de prudence » et à « redonner toute sa place à la santé mentale », car « ce n’est pas à coups d’hormones que l’on résout un malaise aussi profond ». « Entre impératif de reconnaissance des identités au nom du progrès (résumé par les formules sloganiques suivantes « je suis ce que je dis » ou « ici, on peut être soi « ) et nécessité de protéger des jeunes vulnérables, la médecine est sommée de répondre vite, parfois trop vite, pointe le professeur. Dans un tel contexte, les données scientifiques devraient faire consensus. Encore faut-il accepter de les regarder sans filtre ni œillères. »

[1] S.-M.Ruuska, K.Tuisku, T.Holttinen, and R.Kaltiala, “Psychiatric Morbidity Among Adolescents and Young Adults Who Contacted Specialised Gender Identity Services in Finland in 1996–2019: A Register Study,” Acta Paediatrica (2026): 1–9, https://doi.org/10.1111/apa.70533.

Sources de la synthèse de presse : Brussels Signal, Carl Deconinck (08/04/2026) ; The Epoch Times, Zachary Stieber (08/04/2026) ; Marianne, Céline Masson (11/04/2026)