Inde : la Cour suprême autorise une « euthanasie passive »

Publié le 12 mars 2026 . Mis à jour le 27 mars 2026 à 00:00.
Inde : la Cour suprême autorise une « euthanasie passive »
© iStock - Maria Casinos

Le 11 mars, la Cour suprême indienne a autorisé l’interruption des soins de maintien en vie d’un homme de 31 ans, en « état végétatif ». C’est la première fois qu’une « euthanasie passive » est autorisée dans le pays (cf. Emmanuel Hirsch : L’affaire Vincent Lambert, « un échouement éthique et politique dont nous devrions tirer quelques leçons »).

La demande de parents « épuisés émotionnellement et financièrement »

La famille d’Harish Rana s’est tournée vers la justice pour demander l’autorisation « de réduire ou d’arrêter son alimentation artificielle » (cf. Nutrition artificielle : entre soin, exigence éthique et acharnement thérapeutique). « Nous sommes épuisés émotionnellement et financièrement, a déclaré son père Ashok Rana. Nous n’avons plus rien ». Son frère Ashish explique qu’ils ont dû vendre leur maison pour financer les traitements d’Harish. Le trentenaire était tombé d’un immeuble en 2013.

Des chances « minimes » de récupération

La Cour a estimé que, selon les rapports médicaux, la poursuite de l’administration d’une alimentation artificielle « ne serait pas dans l’intérêt » d’Harish Rana. Un premier comité médical avait estimé « minimes » ses chances de récupération (cf. « La mort de Vincent doit servir à ses compagnons de fortune » : la mère de Vincent Lambert poursuit la bataille judiciaire). Un second comité a été consulté pour confirmer cet avis.

La Cour a ordonné à l’hôpital de prendre les « dispositions nécessaires » pour transférer le jeune homme dans son service de soins palliatifs afin de lui « garantir un retrait digne du soutien médical ».

L’euthanasie toujours interdite

En octobre 2024, le ministère de la Santé avait publié un projet de lignes directrices pour le retrait des dispositifs de maintien en vie « chez les malades en phase terminale ». Un tel retrait était soumis à 4 conditions : 1/ que le patient se trouve en état de mort cérébrale, 2/ que le pronostic médical du patient soit « avancé » et que ce dernier ne puisse pas bénéficier de « traitements agressifs », 3/ que l’on dispose du refus « éclairé et documenté » du patient ou de son représentant légal vis-à-vis d’un tel maintien en vie, 4/ que la procédure définie par la Cour suprême soit respectée. Harish Rana n’avait laissé aucune directive.

L’administration d’une substance létale afin de provoquer la mort d’un patient reste, elle, toujours interdite.

Complément du 26/03/2026 : Harish Rana est mort à 31 ans le 24 mars. L’avocat de la famille considère que cette affaire fera jurisprudence en Inde.

Sources de la synthèse de presse : Times of India (11/03/2026) ; Indian express, Ankita Upadhyay (11/03/2026) ; BBC, Cherylann Mollan (24/03/2026)