GPA : un colloque pour éclairer les enjeux éthiques, juridiques et politiques pour la France

Publié le 19 mai 2026
GPA : un colloque pour éclairer les enjeux éthiques, juridiques et politiques pour la France
© iStock - WhitneyLewisPhotography

La GPA est interdite en France. Pourtant les cas de violations de la loi se multiplient (cf. GPA en France : deux cas de violation de la loi ; GPA : un bébé prématuré abandonné par une Française en Argentine) et la pression est grande pour autoriser la pratique. Dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique, plusieurs « débats » pour le moins orientés ont été organisés (cf. GPA : Pas un « débat citoyen » mais « une discussion sur les modalités de sa mise en œuvre » ; « Débat citoyen » sur la GPA : « rien n’est inéluctable »). Le message est déjà prêt : en s’appuyant sur ces pseudo-consultations, on affirmera sans fard que les Français sont massivement favorables à la légalisation de la maternité de substitution (cf. Etats généraux de la bioéthique : « Que reste-t-il du pluralisme du débat ? »).

Et le sujet va sans aucun doute s’inviter dans les prochaines élections présidentielles. Interviewé par Public Sénat[1], Franck Riester, secrétaire général délégué aux élections du parti Renaissance, affirme souhaiter « qu’il y ait un débat dans notre pays, que cela soit au moment de l’élection présidentielle ». « A titre personnel », il indique en outre être favorable à l’autorisation d’une gestation par autrui, « on va dire éthique », en France (cf. GPA : « N’en déplaise à monsieur le ministre, la souffrance est une des choses du monde les mieux partagées »). Le soutien de Gabriel Attal appuie ainsi son candidat qui s’était déjà prononcé en faveur de l’autorisation de la maternité de substitution (cf. GPA « éthique » : une « tromperie sémantique »).

Un colloque au croisement des expertises

Face aux pressions et aux enjeux colossaux qui entourent ce marché en forte croissance, aujourd’hui estimé à 22 milliards de dollars environ, la Déclaration de Casablanca se mobilise (cf. Trois ans de la Déclaration de Casablanca pour l’abolition universelle de la gestation pour autrui : De l’expertise à la diplomatie mondiale). Le 15 juin, le think tank Meta Nova et la Déclaration de Casablanca organisent en collaboration un colloque sur le thème : « GPA : enjeux éthiques, juridiques et politiques pour la France »[2]. Meta Nova Observatoire pour le renouveau civique est un think tank indépendant consacré aux enjeux de droits fondamentaux et de dignité humaine ; il réunit experts, universitaires et décideurs publics afin d’éclairer le débat et de nourrir la décision publique.

Le colloque rassemblera au Palais du Luxembourg responsables politiques, juristes, médecins, avocats, universitaires et acteurs institutionnels pour poser une question fondamentale : la France peut-elle continuer à interdire la GPA sur son territoire tout en organisant, de fait, les effets juridiques de pratiques réalisées à l’étranger ? Ne serait-il pas grand temps de mettre fin, dans les faits, à une pratique qui réifie la femme et l’enfant ?

Pays des droits de l’homme, la France montrera-t-elle le chemin ?

[1] Public Sénat, Henri Clavier, Candidature de Gabriel Attal pour 2027 : « On s’y prépare, il s’y prépare depuis des années », explique Franck Riester (18/05/2026)

[2] Programme du colloque