« Kill pill » : un mode d’emploi déjà en cours d'élaboration

Publié le 16 juillet 2026
« Kill pill » : un mode d’emploi déjà en cours d'élaboration
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La Haute Autorité de Santé (HAS) a été chargée par le ministère de la Santé de se pencher sur le produit létal, ou « kill pill », susceptible d’être utilisé pour l’euthanasie et le suicide assisté. Ces travaux ont été lancés avant même le vote de la loi. Les experts auront notamment pour mission d’élaborer des recommandations relatives à la « prescription médicale » et à l’administration de la substance létale.

Un groupe pluridisciplinaire d’experts du soin et du médicament est prévu : réanimation, gériatrie, médecine générale, pharmaciens hospitaliers, d’officine, pharmacologues, mais aussi des usagers du système de santé. Plusieurs réunions sont prévues dans l’été avec une clôture des travaux planifiée le 1er novembre prochain. « Cette date permet de présager que la loi sur l’aide à mourir ne sera pas appliquée avant la fin de l’année 2026 voire le début de l’année 2027 ».

Définir « la conduite à tenir en cas de difficulté, d’échec ou de complication »

Par ailleurs, la HAS devra définir « la conduite à tenir en cas de difficulté, d’échec ou de complication » dans la procédure létale. Des exemples étrangers tel que dans l’Etat américain de l’Oregon le démontrent : des complications sont à prévoir (cf. Euthanasie : une mort douce ?). « Vomissements, agitations, convulsions voire réveil malgré l’ingestion d’une dose mortelle… l’aide à mourir s’éloigne parfois d’une « mort douce » ».

C’est d’ailleurs pour cela qu’au début des travaux parlementaires, le gouvernement avait envisagé de procéder à une forme de « secourisme à l’envers » afin de « hâter le décès en limitant les souffrances » en cas de difficultés (cf. Projet de loi fin de vie : les soignants ont l’impression de se « faire marcher dessus »). Par ailleurs, les personnes ne réagissent pas de la même manière en ce qui concerne « le délai avant la mort », allant de quelques minutes à plusieurs heures.

Ingérer un médicament contre les nausées « en amont pour éviter que la personne ne régurgite le produit »

Différents protocoles existent. Pour ce qui est des euthanasies par voie intraveineuse, il s’agirait, à l’image de ce qui se fait aux Pays-Bas, en Belgique ou au Canada, d’administrer un sédatif facultatif pour « détendre » la personne, suivi d’un inducteur de coma abolissant la conscience, puis d’un curare « qui garantit l’arrêt respiratoire ».

En ce qui concerne les suicides assistés par voie orale, la personne « ingère un seul barbiturique à très forte dose sans sédatif, qui provoque le coma puis la mort ». Celui peut prendre la forme de comprimés ou de solution à boire et « un médicament contre les nausées est ingéré en amont pour éviter que la personne ne régurgite le produit ».

Un futur registre des soignants « volontaires »

Le ministère de la Santé précise que la « l’application de la loi nécessite l’adoption de plusieurs décrets en Conseil d’Etat et arrêtés », d’autant que d’autres recommandations sont à prévoir, par exemple sur le mode de préparation de ces produits létaux ainsi que leur « sécurité » et « traçabilité », mais aussi sur l’information délivrée aux patients et les « modalités d’organisation » de l’« aide à mourir ». Enfin, la commission de contrôle devra prévoir un registre de soignants « volontaires » à la pratique de l’euthanasie.

Source de la synthèse de presse : Le Figaro, Agnès Leclair (16/07/2026)