La démence influence les décisions thérapeutiques, même quand les directives anticipées sont claires
Selon une étude menée par l’Université du Colorado Anschutz, les personnes sont nettement moins enclines à recommander des traitements de maintien en vie pour un patient gravement malade atteint de démence que pour un patient qui n’en souffre pas, et ce même lorsqu’une directive anticipée demande des soins de maintien en vie. Ces travaux ont été publiés dans la revue JAMA Network Open[1].
Des traitements de maintien en vie préconisés dans 15,6% en cas de démence du patient, dans 38,9% sinon
Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs ont interrogé près de 6000 adultes américains « afin d’examiner dans quelle mesure la démence du patient, ses directives anticipées, les recommandations du médecin et les préférences de la personne de confiance influençaient les recommandations concernant les soins de fin de vie ».
Parmi les patients atteints de démence qui n’avaient pas de directive anticipée, les participants ont recommandé des traitements de maintien en vie dans 15,6% des scénarios. Ce pourcentage est passé à 41% lorsqu’une directive anticipée demandait des traitements de maintien en vie. Lorsque la directive demandait seulement des soins axés sur le confort, les participants ont recommandé des traitements de maintien en vie dans 7,6% des scénarios.
Une tendance similaire a été observée dans les scénarios impliquant des patients ne souffrant pas de démence. Toutefois les participants ont été globalement bien plus enclins à recommander des traitements de maintien en vie. En effet, ils ont recommandé des traitements de maintien en vie dans 38,9% des scénarios en l’absence de directive anticipée, dans 66,3% des cas où une directive demandait des traitements de maintien en vie et dans 14,4% des cas où une directive demandait des soins axés sur le confort.
L’insuffisance des directives anticipées
Ces résultats suggèrent que les directives anticipées peuvent influencer la prise de décision par la personne de confiance, mais qu’elles ne constituent qu’une partie du processus décisionnel, soulignent les chercheurs (cf. Une 3e décision d’arrêt des traitements avant même de partir pour l’hôpital ? Une situation « surréaliste »).
« Il ne suffit pas de demander si une personne a rédigé des directives anticipées, insiste le professeur Lauren Hersch Nicholas, auteur de l’étude. Nous devons comprendre si ces directives reflètent ce qu’elle souhaiterait aujourd’hui, et si la personne chargée de prendre des décisions à sa place comprend bien ce qu’elle souhaiterait. »
[1] Nicholas, L. H., et al. (2026). Surrogate Decision-Making for Older Adults With and Without Dementia. JAMA Network Open. DOI: 10.1001/jamanetworkopen.2026.37691.
Source de la synthèse de presse : News medical, University of Colorado Anschutz (07/10/2026)