Léon XIV : « En tant que technologie développée par l’être humain », l’avenir de l’intelligence artificielle « dépend des choix que nous faisons »
Le 30 octobre, lors d’une audience accordée à une vingtaine de participants au colloque « L’avenir de l’IA : un dialogue entre le Vatican et le monde scientifique sur les développements et les applications des technologies intelligentes »[1], le Pape Léon XIV a une nouvelle fois mis en garde contre les dangers de l’intelligence artificielle. Le colloque était organisé par l’Académie pontificale pour la vie et le Future of Life Institute.
« Nous avons donc la responsabilité d’orienter ses applications »
« L’avenir de l’intelligence artificielle n’est pas prédéterminé, a souligné le Pape. En tant que technologie développée par l’être humain, son avenir dépend des choix que nous faisons, insiste-t-il. Nous avons donc la responsabilité d’orienter ses applications, de les modifier et, lorsque cela est nécessaire, de les rejeter ».
Dès lors, « la question décisive n’est donc pas simplement : « Que peut faire l’IA ? », mais plutôt : « A quelle fin doit-elle servir ? » ». Ainsi, « un système fiable, au service de la personne humaine, a plus de valeur qu’un système exceptionnellement puissant, mais dont les conséquences ne peuvent être suffisamment anticipées ou maîtrisées », affirme le Saint Père.
« Certaines décisions ne doivent jamais être déléguées »
« Les machines sont des outils, et non des personnes », a en outre rappelé Léon XIV. Or « aujourd’hui, certains proposent d’accorder des droits à ces systèmes, voire de leur reconnaître une personnalité juridique ». « Une telle approche risque de brouiller la responsabilité humaine et de laisser les personnes victimes de préjudices face à une entité sans visage », alerte le Pape.
« Certaines décisions ne doivent jamais être déléguées », ajoute-t-il. « Les décisions qui touchent à la vie humaine, à la liberté et à l’usage de la force doivent toujours rester soumises à un contrôle humain effectif, éclairé et responsable », juge l’évêque de Rome. « C’est pourquoi l’intelligence artificielle doit être « désarmée » », insiste-t-il, encourageant « les Etats qui se réuniront à Genève en novembre à prendre des mesures concrètes en vue d’interdire les armes létales autonomes ».
« Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce sont des institutions capables de mettre ces principes en pratique »
Les intelligences artificielles ne doivent jamais non plus « devenir des fins en soi ni servir uniquement les intérêts d’un petit nombre de privilégiés », souligne le Pape.
« Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce sont des institutions capables de mettre ces principes en pratique, en particulier des institutions internationales efficaces, en mesure de protéger le bien commun mondial », plaide-t-il. Ce qui « suppose des normes communes, un contrôle indépendant et des mécanismes clairs de responsabilisation, afin que les décisions concernant le développement et l’utilisation de l’IA puissent être examinées, contestées si nécessaire et accompagnées de mesures de réparation appropriées en cas de préjudice ».
[1] Parmi les participants figuraient Sœur Helen Alford, présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales, Mgr Renzo Pegoraro, président de l’Académie pontificale pour la vie et de la Fondation RenAIssance, Max Tegmark, physicien au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et président du Future of Life Institute, Stuart Russell, professeur à l’université de Californie à Berkeley, Gary Marcus, spécialiste des sciences cognitives à l’université de New York, ou encore Valérie Pisano, présidente-directrice générale de Mila, un institut canadien de recherche en intelligence artificielle.
Sources de la synthèse de presse : Vatican news, Daniele Piccini (30/10/2026) ; Zenit (30/10/2026) ; Vatican news, Fabio Colagrande (30/10/2026)