« Prime editing » : une première utilisation visant à « modifier directement l’ADN à l’intérieur du corps »

Publié le 30 octobre 2026
« Prime editing » : une première utilisation visant à « modifier directement l’ADN à l’intérieur du corps »
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Le « prime editing » – une technique d’édition génomique – a été utilisé pour la première fois in vivo, afin de « modifier directement l’ADN à l’intérieur du corps d’un individu » (cf. Edition de base in vivo : Verve confirme les premiers résultats de son traitement pour réduire le cholestérol). Il s’agissait d’un essai clinique consacré à la maladie de Wilson[1]. Le traitement vise à corriger une mutation pathogène présente dans les cellules hépatiques.

A ce jour, aucun traitement d’édition génomique in vivo n’a encore été approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) américaine (cf. CRISPR or not CRISPR ? La FDA approuve deux thérapies géniques pour la drépanocytose). L’instance devrait rendre une décision, au début de l’année prochaine, concernant une thérapie de ce type basée sur le système CRISPR-Cas9 et destinée à traiter une pathologie appelée angio-œdème héréditaire, qui provoque des gonflements sévères (cf. Thérapie CRISPR in vivo : Intellia annonce les résultats d’un essai de phase 3).

Tester la sécurité et la tolérance au traitement

L’essai portant sur la maladie de Wilson entend évaluer si le traitement – appelé PM577a – est sûr et bien toléré, ainsi que son efficacité clinique préliminaire. Les premières données cliniques sont attendues en 2027.

Le Dr Allan Reine, directeur général de Prime Medicine, une société de biotechnologie basée à Cambridge, dans le Massachusetts, qui est à l’origine de ce traitement, espère « proposer un traitement révolutionnaire » aux personnes atteintes de la maladie de Wilson.

Cette pathologie autosomique[2] récessive touche une personne sur 30 000. Elle est causée par des mutations du gène ATP7B qui code une protéine participant au transport du cuivre vers la bile, où il est ensuite excrété. Les mutations entraînent une accumulation de cuivre, notamment dans le foie et le cerveau, pouvant provoquer une maladie hépatique, des troubles neurologiques et l’apparition d’anneaux de couleur cuivrée autour de la cornée.

Le traitement actuel de la maladie de Wilson repose généralement sur un régime alimentaire adapté et la prise de médicaments à vie pour éliminer le cuivre accumulé. Mais des effets secondaires graves peuvent entraîner une insuffisance hépatique aiguë chez 5 à 10 % des patients, qui doivent alors subir une greffe du foie.

Une plateforme pour traiter des patients variés

Le « prime editing », sur lequel se base cette thérapie fait appel à une protéine Cas9 modifiée et à un ARN guide spécialisé pour effectuer des modifications ciblées sur un seul brin d’ADN. Le PM577a est conçu pour corriger la mutation H1069Q du gène ATP7B, la mutation responsable de la maladie de Wilson la plus répandue en Amérique du Nord et en Europe.

Le Dr Reine assure que, bien que ce traitement cible une mutation très spécifique responsable de la maladie de Wilson, la plateforme elle-même peut être étendue pour traiter d’autres patients, y compris ceux présentant une variante plus courante chez les populations d’Asie de l’Est.

Dans le cadre d’un autre essai clinique, Prime Medicine a eu recours à cette technique pour traiter deux personnes atteintes d’un trouble immunitaire rare, en modifiant l’ADN au sein des cellules souches sanguines de chaque participant — cette fois hors du corps — avant de les réinjecter.

In vitro, in vivo ? « Tout dépend du type de risques que l’on est prêt à accepter »

« Réécrire l’ADN » au sein même de l’organisme est « une approche séduisante ». En effet, la fabrication et l’administration du traitement pourraient être « bien moins coûteuses et plus rapides » que la mise au point d’une « thérapie sur mesure » pour chaque individu, à partir de ses propres cellules.

Toutefois, les approches in vivo « comportent leurs propres défis », souligne Krishanu Saha, ingénieur biomédical à l’université du Wisconsin-Madison. « Tout dépend du type de risques que l’on est prêt à accepter », explique-t-il (cf. Thérapie génique de la drépanocytose : une augmentation du risque de cancer du sang ; Autisme : des chercheurs éditent le génome de souris in vivo et modifient leur comportement).

[1] Communiqué de presse de la société Prime medicine, Prime Medicine Announces First Patient Dosed in Global Phase 1/2 Clinical Trial of PM577a for H1069Q-Mutated Wilson Disease (05/10/2026)

[2] Situé sur l’un des 22 chromosomes non sexuels

Sources de la synthèse de presse : BioNews, Dr Dan Jacobson (26/10/2026) ; Nature news, Heidi Ledford (22/10/2026)