L'avortement sélectif selon le sexe: une pratique illégale courante en Grande-Bretagne
Une enquête menée par le journal The Independent et publiée le 17 janvier dernier, révèle que la sélection prénatale selon le sexe en recourant à l’avortement est une pratique illégale mais courante en Grande-Bretagne. Le journal souligne qu’en raison des avortements pratiqués pour avoir un garçon plutôt qu’une fille, il « manquerait » entre 1 400 et 4 700 filles en Angleterre et au Pays de Galles. En outre, il précise qu’environ 10% des 190 000 avortements effectués dans ces deux régions, en 2011, ont été pratiqués après 13 semaines de grossesse, délai à compter duquel le sexe de l’enfant est clairement identifiable par échographie, et au moment où les médecins pourraient le prédire avec plus de 99% d’exactitude.
Mais cette pratique ne concernerait pas que le Royaume-Uni, pays dans lequel l’avortement sélectif avait déjà été dénoncé en février 2012. Ainsi, dans l’Union Européenne, « le nombre d’avortements volontaires tardifs a doublé aux Pays-Bas depuis 2007, année de la mise en place de l’échographie généralisée à la vingtième semaine de grossesse, qui permet entre autres, de connaître le sexe du fœtus« . Une pratique également constatée en Suède. Il y a déjà cinq ans, en Norvège, l’agence de santé publique avait dénoncé le fait que « les familles profiteraient d’un délai plus long chez leurs voisins pour interrompre la grossesse après avoir eu connaissance du sexe de l’enfant« . La France quant à elle « resterait épargnée par ce phénomène« .
Pour l’Europe Orientale (Azerbaïdjan, Arménie, Géorgie) un rapport de l’INED, publié en décembre 2013 a fait également état de cette pratique et constaté une forte masculinisation des naissances (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 12 décembre 2013).
Sources : Le Figaro, Sara Bergez (16/ 01/2014) ; The Independent, Steve Connor (15/01/2014) ; Famille Chrétienne, Jean-Claude Bésida (17/01/2014)