Le Conseil d’Etat entérine une décision d’arrêt des traitements : « C’était le cimetière en France ou l’avion pour l’Algérie »

Publié le 17 novembre 2025
Le Conseil d’Etat entérine une décision d’arrêt des traitements : « C’était le cimetière en France ou l’avion pour l’Algérie »
© iStock - sharply_done

Suite à la décision du Conseil d’Etat le 3 novembre d’autoriser l’arrêt des traitements de Chabane Teboul, sa famille a décidé d’organiser son transfert vers Alger (cf. Arrêt des traitements : le Conseil d’Etat tranche contre l’avis de la famille et des directives anticipées). Il y est décédé dimanche 16 novembre, après y avoir atterri avec un avion sanitaire le 13 novembre.

« C’était le cimetière en France ou l’avion pour l’Algérie », résume l’une de ses filles, Safia Teboul. Le service de réanimation de l’Institut Gustave-Roussy avait prévu d’interrompre l’assistance respiratoire vendredi, et de placer Chabane Teboul sous « sédation définitive ».

Cinq jours pour trouver un autre établissement

Le 6 novembre l’Institut avait fini par accepter la demande de la famille de transférer leur père dans un autre établissement, leur donnant jusqu’au 11 novembre pour finaliser les démarches.

Face au refus de plusieurs services, la famille s’était tournée vers des établissements européens qui avaient « exigé des examens récents » que la famille n’était pas en mesure de fournir. « Nous n’avions pas d’autre choix que d’envoyer notre père loin de la France », regrette Henia Teboul, l’une des filles de Chabane Teboul et sa personne de confiance.

La famille a alors rassemblé ses économies pour rendre le voyage possible. « La vie de notre père n’a pas de prix », affirme la jeune femme.

Respecter sa « dignité, c’est respecter ses souhaits »

« On avait au départ une confiance aveugle dans cet hôpital, mais on a eu soudain l’impression qu’on nous enlevait notre père », témoigne-t-elle. Après la décision du Conseil d’Etat, le médiateur de l’hôpital qu’elle avait contacté avant de saisir la justice lui avait lancé : « Je pense à titre personnel que votre attitude irrationnelle nuit à votre père. »

Des propos pour lesquels la direction de l’établissement a présenté ses excuses, après l’intervention de l’avocate de la famille, Me Manon Boinet.

Face au président du comité d’éthique, « plus humain », qui estimait que « la décision d’arrêt de traitement respectait la “dignité” » de Chabane Teboul, la famille objectait : respecter sa « dignité, c’est respecter ses souhaits » (cf. Obstination déraisonnable ? L’hôpital décide d’arrêter les traitements en dépit de directives anticipées). Il a toujours eu la « hantise de mourir d’une piqûre sédative », affirme sa famille. Et l’atterrissage à Alger a signé la « fin d’un cauchemar ».

Source de la synthèse de presse : Le Monde, Béatrice Jérôme, Fin de vie : opposée à la décision médicale d’arrêt des soins, une famille transfère son parent en Algérie (17/11/2025)