Le Japon veut interdire l’implantation d’embryons génétiquement modifiés

Publié le 8 décembre 2025
Le Japon veut interdire l’implantation d’embryons génétiquement modifiés
© iStock - Nuttawan Jayawan

Le Japon prévoit d’introduire une interdiction assortie de sanctions concernant l’implantation d’embryons génétiquement modifiés dans l’utérus d’un être humain ou d’un animal. Un comité d’experts gouvernemental a en effet « largement » approuvé une proposition, incluant cette interdiction, lors d’une réunion intervenue le 4 décembre.

En raison des inquiétudes croissantes suscitées par les « bébés sur mesure », des bébés « dont le patrimoine génétique a été modifié pour répondre aux préférences des parents », le gouvernement souhaite présenter un projet de loi à ce sujet, « au plus tôt lors de la session parlementaire ordinaire de l’année prochaine » (cf. Preventive : une entreprise récolte 30 millions de dollars pour fabriquer des bébés génétiquement modifiés).

Des « progrès récents » qui incitent à légiférer

En 2019, le groupe d’experts gouvernemental avait rédigé un rapport appelant à des débats sur les lois et réglementations en la matière, suite à la naissance de jumelles génétiquement modifiées en Chine (cf. He Jiankui : pas d’excuses, pas de regrets ?). Mais le Japon n’avait alors adopté aucune législation.

Le gouvernement a décidé de rediscuter de l’adoption d’une législation à ce sujet à la lumière des « progrès récents » de la recherche sur les cellules germinales, notamment les études utilisant des cellules souches pluripotentes induites (iPS) (cf. Les cellules iPS : pour le meilleur mais aussi pour le pire ? ; « Unibébés », « bébés multiplex », ou issus biologiquement de deux parents de même sexe : « Les gens ne se rendent peut-être pas compte de la rapidité avec laquelle la science évolue »).

Pas d’interdiction de la recherche fondamentale

L’interdiction proposée concernerait également les embryons créés à partir de gamètes issus de cellules iPS humaines et de cellules souches embryonnaires (cf. Le Japon autorise la fabrication d’embryons à partir de gamètes « artificiels »), « ainsi que les embryons capables de se développer en bébés, quelle que soit leur origine » (cf. Embryoïdes : l’ABM propose une « troisième voie » pour « encadrer » les recherches).

En revanche, le Japon ne compte pas interdire « la recherche fondamentale visant à élucider les mécanismes génétiques ou à mettre au point des traitements pour des maladies graves ». Les chercheurs seront toutefois tenus « de soumettre un plan de recherche et de passer par un processus de sélection ». Si la recherche est jugée « inappropriée », le gouvernement pourra ordonner une modification ou l’arrêt du projet. Des sanctions pénales ne seront appliquées qu’en cas de « violations graves », telles que la transplantation in utero d’embryons.

Source de la synthèse de presse : The Japan Times (04/12/2025)