Le Japon veut interdire l’implantation d’embryons génétiquement modifiés
Le Japon prévoit d’introduire une interdiction assortie de sanctions concernant l’implantation d’embryons génétiquement modifiés dans l’utérus d’un être humain ou d’un animal. Un comité d’experts gouvernemental a en effet « largement » approuvé une proposition, incluant cette interdiction, lors d’une réunion intervenue le 4 décembre.
En raison des inquiétudes croissantes suscitées par les « bébés sur mesure », des bébés « dont le patrimoine génétique a été modifié pour répondre aux préférences des parents », le gouvernement souhaite présenter un projet de loi à ce sujet, « au plus tôt lors de la session parlementaire ordinaire de l’année prochaine » (cf. Preventive : une entreprise récolte 30 millions de dollars pour fabriquer des bébés génétiquement modifiés).
Des « progrès récents » qui incitent à légiférer
En 2019, le groupe d’experts gouvernemental avait rédigé un rapport appelant à des débats sur les lois et réglementations en la matière, suite à la naissance de jumelles génétiquement modifiées en Chine (cf. He Jiankui : pas d’excuses, pas de regrets ?). Mais le Japon n’avait alors adopté aucune législation.
Le gouvernement a décidé de rediscuter de l’adoption d’une législation à ce sujet à la lumière des « progrès récents » de la recherche sur les cellules germinales, notamment les études utilisant des cellules souches pluripotentes induites (iPS) (cf. Les cellules iPS : pour le meilleur mais aussi pour le pire ? ; « Unibébés », « bébés multiplex », ou issus biologiquement de deux parents de même sexe : « Les gens ne se rendent peut-être pas compte de la rapidité avec laquelle la science évolue »).
Pas d’interdiction de la recherche fondamentale
L’interdiction proposée concernerait également les embryons créés à partir de gamètes issus de cellules iPS humaines et de cellules souches embryonnaires (cf. Le Japon autorise la fabrication d’embryons à partir de gamètes « artificiels »), « ainsi que les embryons capables de se développer en bébés, quelle que soit leur origine » (cf. Embryoïdes : l’ABM propose une « troisième voie » pour « encadrer » les recherches).
En revanche, le Japon ne compte pas interdire « la recherche fondamentale visant à élucider les mécanismes génétiques ou à mettre au point des traitements pour des maladies graves ». Les chercheurs seront toutefois tenus « de soumettre un plan de recherche et de passer par un processus de sélection ». Si la recherche est jugée « inappropriée », le gouvernement pourra ordonner une modification ou l’arrêt du projet. Des sanctions pénales ne seront appliquées qu’en cas de « violations graves », telles que la transplantation in utero d’embryons.
Source de la synthèse de presse : The Japan Times (04/12/2025)