Les risques de transgressions eugéniques

Publié le 15 novembre 2001
Les risques de transgressions eugéniques

Le Pr Bernard Debré, ancien ministre et ancien membre du Comité Consultatif National d’Ethique, s’exprime dans un entretien à Figaro Madame sur « les grandes transgressions » auxquelles l’homme va devoir faire face.

Dans le cadre du diagnostic préimplantatoire, il rappelle que créer un enfant pour soigner un autre c’est le placer au rang de médicaments. « A l’évidence, il s’agit d’une forme d’eugénisme », tout comme l’avortement thérapeutique souligne le Professeur. Mais cette facilité eugénique prend une dimension particulière avec les progrès scientifiques qui répond à un certain désir des parents porteurs d‘anomalies génétiques. Il déclare qu’ « il est nécessaire que cette procréation de sauvetage, médicalement assistée et génétiquement programmée, soit encadrée ».

Enfin, pour Bernard Debré l’arrêt Perruche « risque de favoriser un eugénisme dit de « sécurité sociale »  (…). Cette déviance est préoccupante car elle occulte la liberté individuelle du couple. L’Etat pourrait être tenté de pousser à l’eugénisme pour ne pas avoir à indemniser les enfants nés handicapés (…) ce qui reviendrait à rendre obligatoire l’avortement en cas d’anomalie ».  

Le Figaro Madame du Samedi 17 novembre 2001, n°17813