Madrid adopte une loi sur l’« enfant conçu et non-né »

Publié le 14 juillet 2026
Madrid adopte une loi sur l’« enfant conçu et non-né »
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Le Parlement régional de Madrid a adopté une loi sur l’« enfant conçu et non-né ». Ainsi, dès qu’une grossesse sera médicalement confirmée, elle sera prise en compte pour déterminer si une famille peut bénéficier de certaines prestations. A partir de la quatorzième semaine de grossesse, s’il s’agit de leur troisième enfant, les familles pourront dès lors bénéficier de prestations supplémentaires telles que des réductions sur les transports en commun, des aides financières et d’autres subventions. En cas de fausse couche, les familles ne seront pas tenues de rembourser les prestations déjà perçues.

« Chaque vie importe depuis le premier soupir, et c’est pour cette raison même que nous allons légiférer en faveur du non-né », avait déclaré le 6 juin la présidente de la Communauté madrilène, Isabel Díaz Ayuso. La loi en faveur de l’« enfant conçu et non-né » a été approuvée la semaine dernière. Elle est entrée en vigueur le 11 juillet après sa publication au Journal officiel.

100 000 avortements par an, un « échec de la société espagnole «

Isabel Díaz Ayuso présente le texte comme « une initiative en faveur de la famille visant à lutter contre la chute vertigineuse des taux de natalité ». Le taux de fécondité de l’Espagne s’est en effet effondré, passant de 2,8 en 1975 à 1,1 en 2024. L’objectif est « d’aider les familles, de soutenir la maternité, de promouvoir l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et de faire en sorte qu’avoir des enfants en Espagne ne soit plus considéré comme un exploit héroïque », a expliqué Borja Sémper, porte-parole national du Partido Popular (cf. Royaume-Uni : vague d’avortements depuis l’arrêt d’une aide sociale à partir du troisième enfant).

La présidente de la région qualifie en outre les chiffres de l’avortement – environ 100 000 par an en Espagne – de « chiffre atroce » et d’« échec de la société espagnole ». « Un bébé à naître est une bénédiction…, a déclaré Isabel Díaz Ayuso après le vote de la loi. Chaque vie compte ; chaque vie est unique, irremplaçable, de la conception jusqu’au dernier souffle. Légiférons et unissons-nous en faveur de la vie. »

Bientôt une mesure nationale ?

Considérant la mesure comme un « clin d’œil aux opposants à l’avortement », la section madrilène du PSOE a quant à elle rejeté le projet de loi, le considérant comme un « bricolage législatif fondé sur des slogans plutôt que sur la rigueur juridique ». Pour une porte-parole de Más Madrid, le texte « remet en cause le droit des femmes à prendre des décisions concernant leur propre corps ». « Nous n’accepterons pas que des droits acquis au fil des décennies par le mouvement féministe soient sacrifiés au nom de la défense des familles », a-t-elle affirmé.

Selon la gauche, si l’enfant à naître est considéré comme un enfant à des fins des prestations sociales, il pourrait devenir plus facile, « sur le plan politique et rhétorique », « de faire valoir qu’il devrait être traité comme un enfant à d’autres fins également » (cf. Un fœtus meurt dans un accident, « à 4 jours du terme, il n’existe pas »).

Le Partido Popular a de son côté promis d’étendre le projet de loi et d’en faire une politique nationale s’il est au pouvoir après les prochaines élections législatives, qui doivent avoir lieu au plus tard en août 2027.

Sources de la synthèse de presse : Libération, François Musseau (12/07/2026) ; The Spectator, Jim Lawley (10/07/2026) ; Comunidad de Madrid (11/07/2026)