Pays-Bas : les euthanasies pour cause de démence ont quasi triplé depuis 2020
Aux Pays-Bas, le nombre de personnes ayant été euthanasiées en raison d’une démence a presque triplé depuis 2020. De 170 en 2020, ce nombre est passé à 499 en 2025, d’après les données publiées par les commissions régionales d’examen de l’euthanasie (RTE) (cf. Pays-Bas : la Cour suprême donne son feu vert à l’euthanasie en cas de « démence avancée »).
La plupart de ces patients étaient conscients. L’année dernière, sept personnes qui n’étaient plus « mentalement compétentes » ont été euthanasiées. Ce nombre est resté stable ces dernières années.
Anticiper une souffrance ?
Marcel Gigengack, spécialiste des soins gériatriques et « consultant en euthanasie », indique que la procédure requiert alors que le patient ait rédigé des directives anticipées décrivant « précisément » les situations dans lesquelles il ne souhaite pas se retrouver. « Il peut s’agir de vouloir mettre fin à ses jours lorsqu’on se trouve en maison de retraite, qu’on ne reconnaît plus son conjoint, qu’on est incontinent et qu’on a besoin de soins constants », a-t-il déclaré.
Pour l’Association néerlandaise pour la fin de vie (NVVE) il s’agirait de définir le « bon moment » pour être euthanasié : « Pas trop tôt, alors que vous êtes encore pleinement engagé dans la vie, mais pas trop tard, alors que vous souffrez déjà du déclin de vos facultés. Et surtout, que vous souffrez de la souffrance que vous anticipez. » « Les patients comptent souvent sur leurs proches pour reconnaître quand leurs capacités déclinent », affirme l’association militante.
« La plupart » des personnes atteintes de démence à un stade avancé « apprécient le moment présent et l’attention que leur porte le personnel soignant », pointe Marcel Gigengack. Il met en garde contre le fait d’envisager les pires scénarios : « Si telle ou telle chose m’arrive, ce sera terrible », pense-t-on. Mais on ne peut savoir comment on réagira qu’une fois que cela arrive (cf. Directives anticipées : « l’être humain a une capacité étonnante à s’adapter à la maladie »).
Une pratique qui s’installe toujours plus aux Pays-Bas
L’euthanasie et le suicide assisté sont autorisés aux Pays-Bas depuis 2002, à condition que les médecins jugent que les souffrances sont « insupportables » et ne peuvent être soulagées.
Près de 10 000 personnes sont décédées par euthanasie en 2025. Une demande sur trois a été refusée (cf. Pays-Bas : une nouvelle « euthanasie en duo »).
Sources de la synthèse de presse : Dutch news (05/04/2026) ; NL Times (05/04/2026)